XV. — LA CELLULIi
Préoccupé de l'étonnant récit du eA^dijlal , Anselme s'enfefma chez lui pour y rêver. Vu préambule si solennel , une confiance si illimitée , le jetaient dans une étrange perplexité. Vaguant dans le domaine infini des conjectures , il passait de l'une à l'anttv sans pouvoir se fiter à aucune.
Le cardÎDalfturait-il pénétré le secret de son double rôle ? Songeait-il à se faire des carbonari un instrument , un marchepied ? Rêvait-il , lui aussi , une alliance entre eux et le Consistoire? car enfin que Toulait-il de lui? — Ramené toujours et par tous les eheminç à cette insoluble question , il s'y brisait.
La grande figure du Sicilien ne lui en apparaissait pas moins dans les proportions gigantesques. Saisi d'admiration pour des facultés si puissantes , il était subjugué par tant d'énergie. Il songea lui-même toute la nuit au moyen d'enrôler sous sa bannière un si rude jouteur , et d'armer son parti d'une si forte épée. Cette idée lui souriait ; elle entrait dans ses plans , et il en avait maintes fois caressé la chimère dans ses rêves politiques. Ce qui n'avait été jusquelà qu'un rêve , qu'un désir , devenait désormais une espérance , un projet. Toutefois le mot de l'énigme ne lui était pas encore révélé , et il attendait avec la fièvre de l'impatience l'heure qui allait enfin déchirer le voile à ses yeux. Le temps eut ce jour-là pour lui des ailes de plomb.
Il alla tard chez Loysa. Moins à l'amour qu'à la politique , il fut chez elle distrait , agité.
c Quavez-vous donc ? lui dit la jeune boudeuse ; quelque chose vous trouble ; votre esprit est ailleurs, et ce n'est pas la première fois. Il est des jours où vous n'êtes plus vous-même. Vous avez des secrets pour moi , Anselme ; je ne vous les demande pas ; mais au moins devriez-vous les cacher si bien que je n'en pusse même soupçonner l'existence. Ce serait