LK PALAIS MADAME. M
— Un rendei-vou8 impërieax!...
— Qoe m'importe votre rendei-vous ? manqoeik. Si je m'en vms seale, je ne vons revois de ma vie. t
A ces mots, Antonia se leva brusquement, et cinq minutes après sa voiture roulait dans le cours. Elle n y était pas seule.
Arrivée chez elle , la jalouse Romaine donna on libre essor à sa colère , et accabla Brancador de re« ~ proches.
• Vous ne roc parlez plus , lui dit-elle avec emportement, que d'afTaires et de rendez -vous ! Quelles sont ces affaires? Avec qui ces rendez-vous? Je veux le savoir. Votre conduite est indigne ; vous me trompez , et vous me payez de protestations auxquelles je ne crois plus ; je suis lasse d'être jouée et bien résolue à ne plus l'être. Oh allez-vous tous les soirs ? Je veux le savoir, vous dis-je. Si c'est une femme, Brancador, prenez garde; ma vengeance sera terrible ; vous me connaissez. Je suis trop bonne, en vérité, de sacrifier à un jeune étourdi mes vingt ans, lorsque tant d'autres, qui tous valent mieux que vous , baiseraient , si je le voulais , la poussière de mes pas. Ne dirait-on pas qu'il me fait beaucoup d'honneur en m 'aimant? Mais tout cela va finir. Je suis lasse de vous. Vous m'ennuyez à la mort. Je ne veux plus vous voir; allez, monsieur, à vos affaires importantes, à vos rendez-vous impérieux. « Et, l'ceil animé, le teint brûlant, la comtesse se jeta sur un sofa , bien résolue à bouder.
M6 ROME SOUTEBaAINK.
Brancador se plaça debout devant elle , les bras croisés, le sourire sur les lèvres, et après Tavoir contemplée quelque teoàps en silence : « Ah çà! ma chère Antonia, êtes-vous tombée en démence, pour me traiter ainsi sans raison? Oî!i donc une femme si gracieuse peut-elle trouver des paroles si dures?
— La flatterie est impertinente quand le cœur dément les lèvres , « répondit la fière comtesse avec nonchalance et un sourire de dédain. Elle continua à bouder et à tenir les yeux fixés au parquet , quoiqu elle fût au fond désarmée.
c Allons, reprit le jeune homme avec une bonhomie pleine de grâce , ne sois plus folle , ma petite Tonia, et ne boude plus. Tu sais bien que je n'aime que toi et que tu n'as point de rivale parce que tu n'en peux pas avoir. Faisons la paix. > Il s'approcha les bras ouverts pour l'embrasser, mais elle le repoussa.
tt Non! non! s*écria-t-elle vivement, mais toujours sans le regarder ; ce que j'ai dit est dit , je ne pas veux m'en dédire. Vous êtes un indigne.
— Je te rends grâce d'être plus que moi-même soigneuse de mon honneur. Tu ne veux pas que je triomphe sans combat, et je t'en remercie ; tu m'épargnes l'humiliation d'une trop facile victoire. Je saurai la mériter, et si tu me refuses le baiser de paix , tu ne m'empêcheras pas du moins de venir le conquérir à tes pieds.
A vaincre sans combat on triomphé mus gloire. »