‹ Rome souterraineChapitre 60 sur 113 · LK SCRUTIN · texte numérisé non relu

LK SCRUTIN

lerait jamût nvregte ni la beaaté. 11 regrettait ces joief intime* de l'espérance , ces émotions solitaires d'an grand dessein , ces longs et silencieux téte-àtête avec lni*méme, cette pensée en6n qui allait cesser d'être à lui pour appartenir au monde. Prêt à hriller comme un phare suprême au faite de la pyramide humaine, il regrettait l'oubli, le mystère, et jusqu'à cette obscurité dont il avait travaillé quarante ans à sortir.

Enfin il prit congé de tout ce passé comme d'un ami d'enfance -que Ton quitte à jamais, et Tenivrement du triomphe ne lui permit bientôt plus ni regrets ni souvenirs. La victoire, en effet, était magnifique; si la route avait été longue et le sentier rude, l'arrivée n'en était que plus douce , et le prix d'ailleurs valait bien l'attente.

Dépouillant peu à peu le vieil homme pour renaître homme nouveau, il sentait son âme s'épanouir; si près de l'empire après tant d'opprobres et d'humiliations , les vieux levains plébéiens qui couvaient depuis quarante ans au cœur profond du bâtard fermentaient au soleil de sa fortune.

Demain vous seres pape ! Ces deniiers mots du camerlingue résonnaient comme une musique céleste à son oreille émue. Demain donc allait commencer l'ère nouvdle ; demain l'Église aurait son Grégoire, l'Italie son Procida ; demain les cachots de Rome allaient s'ouvrir par enchantement; et ces hommes généreux , qu'y avait entassés la persécution , ils allaient renaître tous à la lumière , à la li-

berté ; devenas à sa voix de coDspiratenn citoyens , demain ils allaient former sons ses auspices la sainte phalange italienne ! Le plas pur de tons , cet ami jeune et dévoué qu'il avait envoyé lui-même sur la brèche sanglante , cet Anselme que Thydre du Vatican enveloppait dans Tombre de ses replis perfides , sa main puissante allait conjurer Tanathème qai grondait sur sa noble tête, et, l'associant à sa gloire, il allait révéler à l'Italie cette belle âme inconnue.

Jaloux de bander les plaies qu'il avait ou croyait du moins avoir faites^ le Sicilien palpitait à la pensée de cette amnistie vraiment éclatante et vraiment royale ; son bonheur grandissait de tout le bonheur qu'il promettait à l'Italie. « Israël ! Israël ! s'écriaitil avec enivrement, à moi donc appartient la déli* vrance de tes tribus captives et la conquête de la terre promise! v II prévoyait avec orgueil la stupeur des Pharaons de l'Italie à ce coup de tonnerre ; la foudre libératrice brûlait sa main.

Telles sont les joies de l'ambition, passion forte et sacrée dont l'intrigue impudente et l'ignoble cupidité n'usnrpent le grand nom que pour le rapetisser, que pour le dégrader. Heureux le cœur qu'elle possède, car elle le comble ! Heureux qui ne livre pas son âme aux mille vents du monde ! Heureux qui lie sa destinée à un grand dessein , et qui , planant pardessus toutes les étroites passions du vulgaire et ses intérêts mesquins , traverse la vie sur les ailes de l'espérance !

Cependant la cloche des couvents romains troubla

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