‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 181 sur 247 · I. I Cor., X, 3; Isaïe, xxxv · texte numérisé non relu

I. I Cor., X, 3; Isaïe, xxxv

autem erat Christiis. rocher mystique qui verse les eaux de la grâce dans le désert de ce monde. Quel est le personnage représenté dans nos peintures frappant ce rocher? Nous le montrerons dans le chapitre suivant ; disons ici en un seul mot que, dans l'art chrétien primitif, Moïse frappant le rocher est pris presque toujours comme la figure de saint Pierre, le nouveau Moïse successeur de l'ancien, (( le conducteur du nouvel Israël, » dit Prudence. A lui fut donné le pouvoir d'ouvrir dans le rocher divin la source de la grâce et d'en faire couler les vraies eaux vives sur les enfants de l'Eglise par le bain du Baptême et le canal multiple des sacrements ^

A la suite du rocher frappé par le prophète se présente l'image d'un pêcheur, et, près d'elle, celle d'un homme qui baptise-. L'enfant baptisé est plongé dans la même eau d'où le poisson est tiré par le pêcheur. Frappant exemple de ce parallélisme plein de séve et de profondeur, de ce rapprochement harmonieux de la réalité et de la ligure, qui est un des principaux caractères du premier art chrétien. Ainsi, dans l'Evangile, le Christ, après avoir raconte ses paraboles, en expliquait ensuite le sens à ses disciples. Les peintures que nous avons sous les yeux parlaient aux premiers chrétiens de l'origine même de leur foi, et leur représentaient, sous trois aspects différents, cette eau baptismale qui en est la source.

Après la scène du baptême vient l'image du paralytique emportant son lit. Celle-ci est probablement une allusion au même mystère. Tous ceux qui ont visité la catacombe de Sainte -Agnès avec le P. Marchi se souviennent qu'il

1. S. Cyprien, £p. ad Juh., t. II, p. 332. Dans les écrits des Pères, la source unique du Baptême et sa dérivation d'un rocher unique sont pris souvent comme types de l'origine et de l'unité de la foi, des sacrements de l'Eglise. Ceux qui attaquaient la validité du Baptême administré par les hérétiques n'avaient pas de meilleur argument contre leurs adversaires que cette unité du Baptême et de l'Eglise, et la prérogative de Pierre^ son chef unique.

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