‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 183 sur 247 · De BaptismOj c. 4. De Scliism. Donat.^ II · texte numérisé non relu

De BaptismOj c. 4. De Scliism. Donat.^ II

distinct, aussi clairement unis entre eux que les trois sujets relatifs au Baptême, et, comme ceux-ci, découlant les uns des autres avec la plus stricte rigueur théologique. Ils ont trait à l'Eucharistie ; nous les avons décrits plus haut. Dans l'enchaînement des sujets peints sur ces deux murailles contiguës nous retrouvons la même suite d'idées, la même combinaison d'images et de symboles que dans l'épitaphe de saint Albercius et l'inscription d'Autun, qui, l'une et l'autre, parlent d'abord des eaux du Baptême, et de là, par une transition naturelle , passent au poisson céleste, figure du Dieu de l'Eucharistie.

La première peinture^ représente, avons-nous dit, la consécration des espèces eucharistiques. Certains détails de la composition ont besoin d'être expliqués. On a peut-être remarqué avec surprise le costume du personnage, le prêtre sans doute, qui étend sa main droite au-dessus de l'autel, et dont ce mouvement découvre le bras, la poitrine, toute une moitié du corps, nus sous son pal îiuin. Cette excessive simplicité de vêtements était considérée par les anciens comme la marque des véritables philosophes, et, à l'époque à laquelle appartiennent nos peintures , un simple pallium était devenu le costume habituel du clergé chrétien. Eusèbe - raconte que saint Justin a prêchait la parole de Dieu vêtu comme les philosophes » : on ignore s'il était prêtre. Avant lui Aristide d'Athènes, après lui Tertullien, Héraclès, prêtre d'Alexandrie , Grégoire le Thaumaturge , d'autres encore avaient adopté le même costume. Tertullien levante avec son éloquence et sa subtilité accoutumées dans son traité de Pallio^. Prudence, qui visitait assidûment les catacombes, avait peut-être devant les yeux quelque

j. Planche VIH, 3.

2. Hist. eccl.^ IV, II. — Voyez aussi le début du dialogue de Justin avec Trypho.

3. Voir la note au commencement de ce traité dans l'édition d'(EhIer, Leipsick, i853,t. I, 913. — Cf. S. Hieron., Ep. LXXXIIT, ad Magnum; Catal. Hom. 111. CXX. — « Humerum exertus » est le mot employé par Tertullien, c. 3.

peinture semblable à celle que nous étudions lorsqu'il décrivait, au commencement de sa Psychomachia^ la Foi partant en guerre contre l'idolâtrie, et la représentait emportée par l'ardeur de son zèle et descendant dans l'arène à demi vêtue, les bras découverts, les épaules nucs^ Saint Cyprien, postérieur à Tertullien d'environ cinquante ans, dénonce lajactance immodeste des philosophes païens -, qui se promènent, par ostentation, la poitrine découverte : il leur oppose la modestie des prêtres chrétiens, philosophes par le cœur et non par le costume. Ces paroles indiquent un changement survenu dans le vêtement habituel du clergé chrétien entre la fin du 11^ siècle et le commencement du III'' ; et en effet toutes les peintures des catacombes postérieures à cette dernière date représentant des prêtres ou des docteurs les montrent vêtus de la tunique sous le palliiim. Cette remarque, rapprochée des paroles de saint Cyprien, concorde exactement avec la date que nous avons attribuée aux fresques de notre cubiciilum, la lin du ii'^ siècle ou les premières annés du m*'.

Un autre détail du même sujet a été l'objet de quelques discussions. Une femme est représentée à gauche de l'autel, du côté opposé au prêtre : elle tient les bras étendus dans l'attitude de la prière. On s'est demandé si cette ligure féminine est l'image d'une dame chrétienne enterrée dans cette chapelle, ou si elle n'est pas plutôt un symbole de l'Eglise. Rapprochée du caractère général de la série de peintures que nous étudions, cette dernière conjecture nous paraît la plus vraisemblable. De même que, dans une fresque voisine, la personne représentée recevant le baptême est un enfant ou un tout jeune homme, non évidemment parce que l'artiste a voulu faire allusion à telle ou telle personne déterminée, mais parce que la jeunesse est l'âge du baptême, et que les néophytes, de quelque âge qu'ils fussent, étaient toujours

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