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les chrétiens eurent recours à un expédient qui nécessita un travail et une dépense énormes, et qu'une extrême
Fig. 60. — Cinquième période. Galeries creusées quand les anciennes étaient remplies de terre.
N. B. — Ces galeries sont légèrement teintées. Les travaux de maçonnerie sont indiqués par une teinte plus foncée, les luminaires par des carrés noirs. F' est un puits qui aujourd'hui encore renferme de l'eau.
nécessité explique seule. Ils comblèrent de terre les principales galeries, et rendirent ainsi les cimetières inaccessibles à tous, amis et ennemis. La preuve de ce fait extraordinaire ressort non-seulement de Fétat dans lequel on trouve aujourd'hui encore la plupart des catacombes % mais surtout de la découverte d'une série de galeries dont le sol, en beaucoup de places, fut évidemment le sommet de Tamas de terre dont on avait rempli les galeries plus anciennes. Dans la figure 60, ces galeries nouvelles sont légèrement ombrées, alin de les distinguer des galeries primitives, dont elles suivent quelquefois la direction. Ainsi, le long de A court l'étroite galerie P, dont une branche, par une courbe irrégulière, va traverser H et I, et dont un autre embranchement se termine à une espèce de puits ou de luminaire immédiatement au-dessus de A^ Le long de B court une semblable galerie B*, qui débouche dans Y, et va former les ciibiciila Y% Y-, B^ et Z sont creusés à un niveau plus élevé, et n'ont aucune connexité avec les ambulacres primitifs. Nous limiterons nos remarques à la petite galerie P, et nous demanderons au lecteur de se reporter à la figure 55, représentant Félévationdu mur intérieur de l'ambulacre A. La ligne imaginaire ab indique la place primitive de la voûte del'ambulacre, et il est évident que les loculi situés au-dessus de cette ligne ne peuvent avoir été creusés depuis que le sol de A est à son niveau actuel, qu'ils n'auraient même pu l'être quand, à une époque antérieure, il s'élevait jusqu'à la ligne cd. Bien plus, la porte d'entrée P, qui paraît comme suspendue au-dessus de l'entrée H, montre clairement que ab était le niveau du sol de la galerie dans le mur de laquelle elle s'ouvrait. La figure 61 (p. 436), représentant une section transversale de l'ambulacre A au point de sa jonction avec H, le fera encore mieux comprendre. Elle rend visible la différence de largeur exis-
I. Le plus grand travail delà Commission d'archéologie sacrée a été l'enlèvement des terres, qui, excepté dans les cryptes importantes déblayées par saint Damase, cachent les galeries aussi efficacement aujourd'hui qu'en 303.
tant entre Vambulacre primitif A et la galerie 1% taillée à travers son plafond, et maintenant privée de toute espèce de sol. Cette galerie ne peut avoir été construite qu'à une époque où A était rempli de terre, et c'est à l'aide de
Fig. Cl. — Section des galeries A et H, et de I'.
ce sol artificiel que Pomponio Leto et ses compagnons ont pu écrire leurs noms sur la voûte de P, où ils se lisent encore, à une hauteur de vingt pieds au-dessus du sol aujourd'hui déblayé. La figure 6i nous donne aussi une section longitudinale d'un embranchement de P, qui passe un peu au-dessus du plafond de H. Un pont de briques a récemment été jeté sur l'ambulacre pour remplacer la terre enlevée; chose remarquable, la voûte de la galerie H et celle du cubiculuni A^ n'ont point été détruites par l'excavation de P, ce qui aurait probablement eu lieu si la galerie et le cubiculum n'avaient été remplis de terre à l'époque où P était en usage ^
I. La figure 6i rend sensibles nos observations sur la dépression du niveau primitif de A, d'où l'on entre dans H en montant une pente assez
Cette obstruction des galeries avec de la terre marque dans l'histoire de notre catacombe une cinquième période, à laquelle on peut, sans hésiter , attribuer pour date Tannée 303, époque de la persécution de Dioclétien.
Une sixième période commence avec la fin de la persécution, quand les fidèles se mirent avec ardeur à chercher les tombes des saints. L'escalier A fut rouvert et restauré, mais à un niveau plus élevé que le niveau primitif, comme l'indique une ligne de points dans la figure 55; par là on put de nouveau pénétrer dans la crypte des papes et dans celle de sainte Cécile. Le cimetière ne fut point déblayé en entier : les portions moins célèbres demeurèrent enterrées, et il fut possible de creuser les petites galeries que nous avons décrites. Une d'elles renferme une inscription datée de 321; les puits pour l'extraction de la terre (comme m dans la. figure 61) prouvent que ces constructions furent faites en temps de paix : les inscriptions et le style général montrent que ces divers systèmes de galerie, postérieurs à la persécution, appartiennent à une époque antérieure à celle de saint Damase.
La dernière période du développement architectural des cimetières souterrains est caractérisée par les grands travaux qu'y lit exécuter l'infatigable pape Damase. L'escalier restauré A était devenu insuffisant pour la multitude des pèlerins qui accouraient de toutes les parties du monde vénérer les tombes des martyrs : saint Damase construisit Tescalier par lequel, aujourd'hui encore, on descend directement aux cryptes des papes et de sainte Cécile. Dans le plan ci-joint {fig. 62, p. 438) il est m.arqué P; on voit qu'il occupe une partie considérable de la galerie Q. Les murailles de briques qui le soutiennent ont bloqué plusieurs cubicula^ et rapetissé certains autres. L'élévation du sol et de la voûte du cubiculum A% et le passage pratiqué à tra-
raide. L'abaissement du niveau de A ne fut cependant point porté au degré que l'on s'était proposé, car le niveau de A^ lui est encore inférieur, et l'on mo]ite de A^ dans A par plusieurs degrés.
vers ce ciibiculiim pour pénétrer dans Varea voisine, appartiennent probablement aussi à cette période ; on peut y rat-
Fig. 62. — Dernière période. Travaux de saint Damase,
N, — Les himinaria et les travaux de maçonnerie qui atteignent le sol extérieur sont représentés en noir. La maçonnerie intérieure est fortement ombrée, les galeries de la sixième période légèrement teintées seulement.
tacher également le cubiciiliim P^, le vestibule M, avec son luminaire, et le corridor R, qui conduit à Q, dont l'entrée primitive avait été murée. Les travaux pour élargir la crypte de sainte Cécile et son luminaire, pour décorer la chambre papale et lui donner du jour sans altérer ses dimensions, « de peur de troubler les cendres des saints, » furent certainement exécutés sous la direction personnelle de saint Damase.
Nous avons étudié le développement successif d'une seule area. et son union avec une seconde ; nous n'avons point encore parlé d'une troisième area ^ jointe à cette dernière par V ambiilacrum o [fig. 55), p. 432), qui la tra-