‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 85 sur 247 · I. Tusc. qiiœst.. I · texte numérisé non relu

I. Tusc. qiiœst.. I

12. On a trouvé au même endroit, sur le Quirinal, un diplôme de bronze relatif à T. Pomponius Bassus, contemporain de Trajan, et la base d'une statue du Génie conservateur de la maison Pomponia Attica. — Roma sotterranea, t. II, p. 362.

possédèrent probablement des terrains funéraires dans le voisinage de la crypte , peut-être au-dessus d'elle: on a trouvé en eTet, dans une galerie du cimetière de Calliste, deux lociili bouchés, a par une sorte de vol domestique , » avec des débris des pierres sépulcrales de L. Pomponius , proconsul de la Gaule narbonnaise, et de Pomponius Bassus, qui vécut au m'' siècle, fut préfet de Rome et deux fois consul.

Etant donnée la noble origine de la crypte de Lucine, une question s'élève aussitôt : quelle était cette Lucine, dans la propriété de laquelle elle fut creusée, et dont le nom paraît cependant étranger à tous les chrétiens illustres enterrés dans ses galeries.^ M. de Rossi a émis à ce sujet la plus line et la plus heureuse conjecture. Les rapports de parenté et l'union étroite qui semblent avoir existé entre la branche chrétienne des Cœcilii et les Pomponii, soit Attici, soit Bassi, reportèrent presque involontairement sa pensée vers cette célèbre Pomponia Gr^ecina , femme de Plautius et contemporaine de Néron, dont Tacite rapporte^ la conversion au christianisme en l'an 58. Le nom de Lucine revient souvent dans les annales des premiers siècles. On le retrouve dans l'histoire de chaque persécution, depuis les temps apostoliques jusqu'à ceux de Constantin. 11 a été le sujet de confusions nombreuses, et de beaucoup de discussions entre les hagiographes. M. de Rossi y voit une sorte âiagnomcn chrétien, faisant allusion à l'illumination produite par le baptême. Il fut porté par beaucoup de dames romaines, que n'unissait entre elles aucun lien de parenté, et qui dans leurs familles, dans le monde païen qui les entourait, n'étaient connues que par leur nom légal. Lucine était peut-être le surnom chrétien de Pomponia Grscina, une des premières dames romaines que la lumière du Christ ait éclairées, et il est très-possible qu'elle ait ouvert, sous un de ses domaines, un cimetière pour ses parents et ses amis chrétiens. Quand, pour la première fois, M. de Rossi

I, Annal.. XIII, 32. — Cf. page 51.

CIMETIKRE DE C:AELJSTE.

annonc;a cette conjecture, il le lit avec toute la prudence et la réserve imaginables, a C'est une pure supposition , dit-il; je n'en veux pas faire une thèse : peut-être méritet-elle à peine le nom de conjecture. Mais ces tâtonnements, ces eiforts de l'esprit, qui se précipite en avant dès qu'il a vu briller une faible lueur au milieu des ténèbres, ont au moins un résultat : ils le surexcitent, ils tiennent son attention éveillée, aiguisée, prête à tirer prolit des moindres indices , à saisir tout ce qui peut jeter un nouveau jour sur des faits historiques plutôt devinés qu'entrevus ^ » M. de Rossi écrivait cela dans son premier volume, en 1864. Dans le milieu du second, écrit en 1867, il revient sur le même sujet, à propos des épitaphes païennes de L. Pomponius et de Pomponius Bassus. u Ma conjecture, dit-il, a été accueillie avec beaucoup de faveur; il ne faut pas, cependant, lui attribuer encore plus d'importance qu'elle ne mérite, mais attendre que des indices plus précis et de nouvelles découvertes monumentales lui viennent donner un fondement solide^. » Le public avait été plus vite, en effet, que l'esprit scrupuleux de M. de Rossi. Une fois proposée, sa conjecture au sujet de Pomponia Gr^ecina avait paru si naturelle, si vraisemblable, si heureuse, que l'opinion l'avait acceptée quand son auteur hésitait encore. On avait peine à croire que la première grande dame romaine convertie au christianisme, uiie Pomponia Gr^ecina. fut demeurée étrangère à la création d'un cimetière chrétien peuplé pendant trois siècles par les Attici et les C^ecilii, et voisin des monuments païens d'un L. Pomponius et d'un Pomponius Bassus. Mais deux points demeuraient obscurs, et empêchaient M. de Rossi de porter un jugement détinitif. D'abord, on n'avait aucun indice de relations quelconques entre les Pomponii Gr^ecini et les Pomponii Bassi ; puis, si l'on avait les épitaphes de deux Pomponii, c'étaient des épitaphes païennes : on ne

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