‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 136 sur 228 · Le Hir, Études bibliques j II, p · texte numérisé non relu

Le Hir, Études bibliques j II, p

français, M. C. Wescher*. Dans UQe chapelle de cette catacombe, au-dessus de l'autel où les saints mystères étaient célébrés, on distingue encore les restes d'une peinture que M. de Rossi attribue au lï' siècle. Trois scènes y sont représentées : le miracle de la multiplication des pains et des poissons, le miracle du changement de l'eau en vin ,et la participation des fidèles à l'Eucharistie. Le sujet de ces trois compartiments est écrit au-dessus de chacun d'eux. Au centre est Notre-Seigneur, ayant à sa droite saint Pierre, à sa gauche saint André tenant à la main un plat dans lequel sont deux poissons :

aux pieds du Christ sont posées plusieurs corbeilles remplies de pains. A droite de ce sujet central, le miracle de Cana est représenté : au-dessus de la têie de la sainte Vierge on lit ces mots H AHA HAPIA, « sainte Marie »; au-dessus des serviteurs leur désignation est écrite, IIAIAIA. Dans le compartiment correspondant à celui-cr, à gauche du sujet principal, on voit un certain nombre de personnes assises comme pour un festin avec celte légende ; TA2 EÏAOriAS TOT XT EïeiONTEï.

I. Rapport sur U$ trucriptioni gricquii dtTÉgypUj Moniteur, 17 juillet 1864. — Bdlmino iii arch. criit., août et octobre i86j.

« mangeant les bénédictions du Christ ». Saint Paul se sert du mot eulogia^ littéralement « bénédiction », pour désigner la communion du corps et du sang de Jésus-Christ, to TuoTvfpiov T7Î; eùXoytaç*. Le verbe y correspondant, ^ùXoygîv, est employé par les évangélistes en même temps que le verbe eùyapwrreîv, et avec le même sens que lui, dans le récit de la multiplication des pains et des poissons et dans celui de la dernière cène *. Saint Cyrille d'Alexandrie exprime toujours par le mot eù^oyia le pain et le vin consacrés. Quand la ferveur des chrétiens eut diminué, et que la réception du corps de Jésus-Christ fut devenue moins fréquente, le mot demeura en usage, et servit à désigner les pains bénits distribués aux fidèles en souvenir et en image du pain consacré auquel participaient jadis tous ceux qui assistaient au sacrifice de Tautel. Dans la fresque de la catacombe alexandrine, nous avons en quelque sorte le témoignage de Tart chrétien, donnant lui-même Tinterprétation du symbolisme si souvent reproduit par lui, et plaçant sur la même page, dans la même peinture, la représentation des deux miracles à côté de celle de la communion, le sacrement figuré à côté du sacrement actuellement reçu. L'artiste semble avoir vQulu commenter une parole de saint Maxime de Turin, désignant le miracle de la multiplication des pains et des poissons et celui de Cana comme « une sorte d'anticipation sacramentelle du calice du Nouveau Testament ».

Avant les récentes découvertes, le sens symbolique du pain et du poisson, représentant l'un les espèces eucharistiques, l'autre la divine réalité de l'Eucharistie, avait été deviné et proposé, comme une conjecture probable, par de savants et sagaces archéologues. Aujourd'hui la conjecture est devenue certitude. Les fresques du cimetière de Calliste, celle de la catacombe d'Alexandrie, la célèbre épitaphe

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