‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 39 sur 228 · Mort, S. Ignat.y 9, A. D · texte numérisé non relu

Mort, S. Ignat.y 9, A. D

de la langue liturgique. Ainsi le mot natale^, par lequel on désignait l'anniversaire de la naissance de celui qu'on voulait honorer par des repas et des fètes, fut employé par rÉglise pour désigner les solennités qu'elle célébrait en Thonneur des martyrs, et, appliqué ainsi au jour anniversaire de leur mort, il prit une signification symbolique dont saint Augustin et d'autres Pères ont fait ressortir la beauté*. L'inscription de Lanuvium contient un long ordo ccenarum^ ou liste des repas et des fêtes du collège : — VIII Idus Martias natali Cœsenni patris... XIII K. Sept, natali Cœsenni Silvani fratris... XIX Jan. natali Cœsenni Rufini patroni municipi. . . « Substituez à ces noms, dit M. de Rossi , ceux d'un Calliste, d'un Sixte, d'une Agnès, et vous aurez Tantique /^'r/a/ chrétien 3. » L'anniversaire de la dédicace d'un sanctuaire ou d'un martyrium pouvait être également célébré sans sortir des habitudes des collèges; on lit sur une inscription païenne récemment découverte : Natalis monumenti V. Id. Maias, Les repas de corps que nous voyons prévus avec tant de soin dans les statuts du collège de Lanuvium, et qui se donnaient dans cette schola ou cella si bien meublée dont fait mention le testament de Bàle, furent sans doute

I. En Grèce, on appelait également ^mota les sacrifices offerts le jour anniversaire de la naissance du mort. — Hérodote, IV, 26.

a. Il fut d'autant plus facile à l'Eglise de se servir de ce mot, que, chez les païens eux-mêmes, on le détournait souvent de son sens primitif et on l'employait à désigner toute espèce d'anniversaires. Les légions avaient leur natalis signorum / le jour o£i l'empereur était monté sur le trône s'appelait natalis purpura ^ par opposition au jour de sa naissance, natalis genuinus. De même, dans l'antique liturgie chrétienne, à c6té du natalis sancn Stephani^ jour anniversaire de son martyre, on célébrait le natalis reliquiarum sancti Stepkani, jour anniversaire de la découverte et de la translation de ses reliques, dont a tant parlé saint Augustin. Dans le calendrier de Polemius Silvius (448), le 33 mars, jour consacré par l'Église à honorer l'institution de l'Eucharistie^ est appelé natalis calicis^ et la fête de Noël natalis Domini corpcralis. — Mommsen, Corp, inscript, lat.^ t. I", p. 339, 357.

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