‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 61 sur 228 · Lib, pont · texte numérisé non relu

Lib, pont

^p Euseb., Hist. eecL^ VII, 13.

Il paraît résulter de ces actes de l'empereur que les lieux d'assemblée des chrétiens, ces édifices à ciel ouvert dont nous avons parlé, avaient été confisqués par Valérîen, et vendus ensuite au profit du fisc, tandis que les cimetières, protégés par la religion des tombeaux, avaient été seulement interdits. La persécution cessant, VEcclesia fratrun en reprenait de plein droit Tusage, n'en ayant jamais perdu la propriété : au lieu que, pour lui rendre les édifices non funéraires, il fallait qu'un édit exprès, les expropriant une seconde fois en sens inverse, les enlevât à ceux qui les avaient achetés du fisc. C'est sans doute en vertu de ces deux rescrits impériaux que Denys, successeur de Sixte II , ayant recouvré les propriétés de l'Eglise, « divisa, dit le Liber pontificalis y les églises et les cimetières entre les prêtres, et constitua des paroisses et des diocèses. »

Ces fluctuations de la politique impériale, en mettant en relief la position singulière et contradictoire de l'Église chrétienne, devenue légitime comme corporation et demeurée illégale comme religion étrangère, firent comprendre aux chrétiens la nécessité d'assurer l'inviolabilité de leurs sépultures et le secret de leurs réunions. A partir de ce moment une ^érection nouvelle est donnée aux travaux des catacombes. On s'efforce de dissimuler l'entrée des cimetières : on peut reconnaître encore aujourd'hui des traces de ces efforts dans ces passages dérobés, étroits, tortueux, qui conduisent souvent d'un arénaire dans une catacombe. Ces précautions furent plus d'une fois justifiées par les faits, et plus d'une fois elles furent inutiles. Dès les premières années du m® siècle il était arrivé que le culte chrétien fût interrompu par une soudaine invasion des païens. « Tous les jours , dit Tertullien, nous sommes assiégés, nous sommes trahis, et pris à l'improviste quand nous nous assemblons pour prier*.» Ailleurs, s'adressant aux païens : « Vous connaissez, leur dit-il, les jours de nos réunions; aussi sommes-nous assiégés, pris au piège, et souvent arrêtés au

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