‹ Rome souterraineChapitre 17 sur 338 · DESCRIPTION GENERALE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION GENERALE

Sommaire. — Idée générale des catacombes. — Leur situation et leur étendue.— Leur nombre. — Leurs noms. — Leur origine et leur destination. — Explication de quelques termes techniques. — Les catacombes après la paix de l'Église. — Fréquentées comme lieux de pèlerinage jusqu'en 750. — Abandonnées et oubliées après cette époque. — Découvertes de nouveau en 1578.

La célébrité chaque jour croissante des catacombes romaines a sans doute rendu familières à beaucoup de nos lecteurs les notions élémentaires que leur offrira ce chapitre. Il n'est pas une personne lettrée à qui ses voyages, ses conversations pu ses lectures n'aient fait connaître d'avance les traits principaux de cette merveilleuse cité des morts qu'on a si bien nommée une Rome souterraine. Cependant à cette connaissance générale se mêlent encore, dans les esprits les plus cultivés, beaucoup d'idées vagues et même inexactes; et, d'un autre côté, la science des catacombes a prodigieusement gagné, dans ces derniers temps, en précision et en étendue. A ce double point de vue il nous semble utile, avant d'aborder les détails et les parties neuves de notre sujet, d'en esquisser rapidement les données générales et comme les contours principaux. Nous le ferons très-brièvement, sans aucun appareil scientifique, renvoyant, pour les discussions et les preuves, aux descriptions détaillées que présentera la suite de ce livre.

Les catacombes romaines (pour employer la dénomination consacrée par l'usage) consistent en de vastes labyrin-

thes de galeries creusés sous les collines qui entourent la ville éternelle. Les sept collines classiques sur lesquelles Rome est bâtie ne recouvrent aucune catacombe. Toutes les nécropoles chrétiennes sont situées hors des murs. Leur développement total atteint des dimensions qui étonnent l'imagination. Ce n'est pas qu'elles forment, comme on l'a quelquefois prétendu, un labyrinthe unique reliant chaque cimetière, s'étendant, en un réseau continu, sous toute la campagne romaine, et communiquant même avec l'intérieur de Rome. Les conditions géologiques du sol romain suffisent à réfuter ces données fabuleuses. Les profondes vallées qui le coupent, les rivières qui le sillonnent, les cours d'eau souterrains qu'il recèle dans ses entrailles, forment des barrières naturelles qui eussent arrêté tout effort pour unir entre elles les diverses catacombes. Isolées, creusées sous les déclivités des collines, séparées les unes des autres par les accidents du sol et les limites des propriétés voisines, elles n'occupent autour de Rome qu'une zone peu étendue. Tous les cimetières suburbains tiennent dans un rayon de trois milles à partir de l'antique enceinte de Servius Tullius. Mais la longueur de leurs galeries, mises bout à bout, est prodigieuse. Une catacombe a trois, quatre, quelquefois cinq étages superposés, et, à chacun de ces étages, les galeries se coupent, s'entre-croisent, se replient les unes sur les autres. De cette manière elles peuvent, sous une superficie de médiocre étendue, réaliser des dimensions considérables. M. Michel de Rossi a calculé qu'une seule catacombe, creusée sous un terrain de 125 pieds carrés, peut contenir de 250 à 300 mètres de galeries pour chaque étage, c'est-àdire, en supposant trois étages, de 700 à ^00 mètres^.

Les galeries des catacombes ont généralement de 0^,70 à i™,35 de largeur, et leur hauteur varie selon la nature du sol dans lequel elles sont creusées. Les parois, des deux côtés, sont percées de niches horizontales, que l'on peut comparer aux rayons d'une bibliothèque ou aux hamacs

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