Enarr. I in Psalm. xxxni. — Tome IV, p. 301, éd. Gaume
nous a-t-elle nourris de pain } parce que le Verbe s'est fait chair, et est demeuré en nous. Contemplez donc son humilité, car Thomme a mangé le pain des anges. »
Après avoir lu ces belles similitudes, dans lesquelles se complaît et se répand, avec son abondance ordinaire, le haut et tendre génie de saint Augustin, on comprend mieux encore quelle signification mystique les premiers chrétiens ont attachée au lait, cette humble et douce nourriture, et Ton se rend compte de la place donnée par eux, soit sur Tautel, soit sur le dos de Tagneau divin, soit dans la main du Bon Pasteur, au vase destiné à le contenir. Cependant, bien que relatif aux mêmes mystères, ce symbole paraît avoir été moins universellement accepté et compris que celui du pain et du poisson. Quelques textes seulement y font allusion, tandis que toute la littérature chrétienne primitive est pour ainsi dire fondée sur le poisson symbolique.
On trouve souvent le vase gravé sur les pierres tombales des catacombes. Ce n'est plus alors le vase de lait, symbole de l'Eucharistie, mais un emblème d'une autre nature, qui se rapporte au chrétien. Nous retrouvons ici cette dualité, des symboles déjà signalée, la colombe représentant tantôt l'Esprit-Saint, tantôt Tâme fidèle, le poisson image du Christ et quelquefois du chrétien, l'agneau symbolisant tour à tour le membre du troupeau et le pasteur. Le symbole du vase gravé sur une tombe et appliqué au chrétien sera facilement expliqué. Saint Paul emploie la comparaison du potier, donnant à Targile qu'il tourne en vase la forme et la destination qu'il veut, pour marquer l'absolue dépendance de la créature vis-à-vis du Créateur ^ « Que chacun de vous, écrit le même apôtre aux Thessaloniciens, sache posséder son vase avec honneur et saintetés » Le vase représente donc, en règle générale, l'homme, œuvre de Dieu, et plus particulièrement son corps, enveloppe fragile de l'âme. C'est ainsi que l'ont compris les interprètes les plus autorisés de la tradition