I ad Thess.j iv
chrétienne. « Nous sommes des outres, des vases de terre % » s'écrie Tertullien. « Pose ce vase caduc, fait de terre, qui va se briser et se dissoudre, et vole libre vers le cieP, » dit admirablement Prudence. « Le corps, selon Lactance, est comme le vase qui sert de domicile temporaire à l'esprit céleste ^ » L'antiquité païenne a souvent exprimé la même idée. « Le corps, dit Cicéron, n'est qu'un vase, un réceptacle de l'âme^. » « Le corps, dit Lucrèce, est pour ainsi dire le vase de Tâme^ » Au ii^ siècle, cette pensée est fréquemment reproduite. « Dieu, dit Marc-Aurèle, voit les âmes nues, sans s'arrêter aux vases matériels. » Une épitaphe du II® siècle, restituée et commentée récemment par M. Miller <^, emploie, comme Marc-Aurèle, le mot ayysîov dans le même sens que le gjcsuoç de saint Paul, pour exprimer le vase. Quand donc les premiers chrétiens gravent sur leurs pierres sépulcrales l'image du vase, quelquefois plaçant près de lui la colombe, comme pour indiquer l'âme qui s'est dégagée du corps, ils se trouvent d'accord non-seulement avec les livres inspirés et leurs plus anciens commentateurs, mais encore avec la tradition des portions les plus éclairées de l'antiquité profane.
Le vase symbolique est représenté sur les tombes chrétiennes sous diverses formes. C'est tantôt le tonneau de terre cuite, dolium fictilej tantôt l'outre ronde par le bas et garnie d'anses, tantôt l'amphore allongée, tantôt un vase anse,
1. Nos utres, vasa fictilia. — De patient. y lo. Cf. Matth., IX, 17; Marc, II, 22 ; Luc, v, 38.
2. Pone hoc caducum vasculum, Compage textum terrea, Quod dissipatum solvitur,
Et liber ad cœluni veni. — Peristepli.j V, 301-304.
3. Corpus est quasi vasculum, quo tamquam domicilio corporali spiritus cœlestis utatur. — Div. Inst.j II, 12.
4. Corpus quasi vas est, aut aliquod animi receptaculum. — Tusc. qucest.y I, 22.
5. Quippe et enim corpus, quod vas quasi constitit ejus (animae). — De nat. rer.^ III, 441.