Revue archéologique ^ août 1873, P- ^St
au col plus ou moins étroit, au pied arrondi et aux flancs renflés, quelquefois ornés de rinceaux, tantôt une sorte de tasse. Le vase des marbres funéraires est quelquefois plus qu'une simple représentation de l'homme en général ou de son enveloppe mortelle. Il est aussi l'emblème de Famé sainte devenue, selon le mot du Seigneur à Ananie, « un vase d'élection ((jzeûoç è/loyri^) chargé de porter son nom devant les hommes ^ » Telle paraît être sa signification dans une lampe du musée Kircher où est représentée une femme sur la poitrine de laquelle est inscrit le monogramme C^ et dont le buste sort d'un vase ansé^. Ce sens apparaît plus clairement encore dans une inscription du cloître de Saint-Laurent : DIONYSI VAS*, « Denys, vase du Christ^. »
Sur un marbre funéraire du cimetière de Calliste le vase fait sa partie dans un curieux ensemble de symboles. Deux vases, ayant la forme de ces utres dont parle Tertullien, sont posés dans un navire^. Le navire est un emblème mystique fréquent dans les catacombes, où il représente soit TEglise, porté quelquefois, en cette qualité, sur le dos de TlXGYC, soit l'homme, dont la vie est une navigation vers le port céleste. Ici le navire semble à l'ancre, ou au moins attaché à un poteau : son mât est surmonté d'un trident en forme de croix, et sur l'un des cordages se tient une colombe, portant en son bec une sorte de palme. Peut-être est-ce l'image de l'Eglise qui vogue, emportant les fidèles vers le port, sous l'étendard de la croix et la direction de TEsprit-Saint. On voit le navire gravé cinq fois sur les épitaphes du cimetière de Calliste, quatre fois dans la première area^ une fois dans la deuxième, pas une seule dans la troisième, qui remonte aux dernières années du iii^ siècle ou aux premières du iv®. Le
1. Aa.j IX, 15. — Cf. II ad Tim., 11, 21 : Vas in honorem sanctificatum, et utile Domino ad omne opus bonum paratum.