‹ Rome souterraineChapitre 178 sur 338 · Quum erigitur jugum, crucis signum est... — Octav · texte numérisé non relu

Quum erigitur jugum, crucis signum est... — Octav

très-accusée de la croix ^ M. de Rossi publie un marbre funéraire sur lequel est dessiné un marteau qui affecte également la forme d'une croix ; et il y voit non-seulement une allusion à la profession du mort, qui sans doute était sculpteur, mais encore une image déguisée du signe sacré ^. Les premiers chrétiens cherchaient à le retrouver partout : c'est sur la croix que se portait leur pensée « quand ils voyaient les oiseaux s'élever droit dans le ciel, étendant, dit Tertullien, la croix de leurs ailes, et murmurant quelque chose qui semble une prière ^ : » et peut-être cette gracieuse image révèle-t-elle le sens caché de ces nombreux oiseaux qui ne sont pas des colombes, qu'aucun signe particulier ne distingue, et que l'on voit voltiger, les ailes déployées, dans les plafonds des cubicula^. Les premiers chrétiens reconnaissaient surtout une croix vivante dans « Thomme priant debout , les mains étendues % » si souvent représenté sur les murailles et les pierres sépulcrales des catacombes. La croix était donc, on peut le dire, la préoccupation constante des membres de la primitive Église. Selon le mot de Tertullien, ils avaient « la religion de la croix , » crucis religiosi ^ : ils la reconnaissaient pour « le signe du Seigneur, » to x,i)piax.ov T'/ifAsiov '^. Pour eux, la croix était quelque chose de plus encore, s'il est possible : à certains moments elle s'animait, elle prenait à leurs yeux une face personnelle et vivante : c'était quand il fallait dire ce mot héroïque de Minucius Félix : « Le temps n'est plus

1. Boldetti, OsservaiionLjp. 340. — Martigiiy, Dia. des ant. clirét.j v° Instruments y p. 325.

2. Roma sotterraneaj t. II, p. 309, 319, et tav. XLix, n° 28.

3. Sed et aves nunc exsurgeiites eriguntur ad cœlum, et alarum crucem pro manibus exteiidunt, et dicunt aliquid, quod oratio videtur. — Tertull., De orat.^ 39.

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