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Partie de la catacombe de Sainte-Agnès

en elles des sablonnières (arenaria) ou des carrières abandonnées, que les chrétiens

auraient adaptées à leurs usages. Entre un arénaire et une catacombe il existe des différences essentielles. Le lecteur en peut juger par les deux plans ci-joints (Jig. 2 et 3). L'un représente une portion du cimetière communément appelé de Sainte- Agnès, sur la voie Nomentane ; l'autre, Tarénaire qui s'étend au-dessus. Tous deux sont dessinés d'après une même échelle. Les dissemblances

3. — Plan de l'arénaire communiquant avec le cimetière de Sainte- Agnès.

sautent aux yeux. La largeur des galeries de Tarénaire contraste visiblement avec les dimensions étroites de celles de la catacombe. Les premières sont d'une extrême irrégularité; tout indique, au contraire, que les galeries de la catacombe ont été creusées d'après un plan régulier et bien défini. Il est impossible de confondre désormais deux choses aussi distinctes.

Pendant les deux premiers siècles, les chrétiens creusèrent et décorèrent librement leurs catacombes. Personne ne songeait à y mettre obstacle. L'entrée des cimetières souterrains était publique ; elle s'ouvrait sur les grandes routes ou dans le flanc des collines. Même liberté pour leur décoration intérieure. Les galeries et les chambres des catacombes, ainsi accessibles à tous, étaient couvertes de peintures représentant les mystères sacrés du christianisme. Au commencement du iii« siècle, cette situation changea. Par des raisons qui seront expliquées plus loin, il devint nécessaire, en certains moments, de cacher aux regards l'accès des catacombes. On dut pratiquer de nouvelles entrées, rendre ces entrées difficiles, les entourer de mystère, souvent même les dissimuler dans les dédales de quelque arénaire abandonné.

Le mot catacombe, que nous employons souvent, et dont l'origine sera expliquée plus loin, ne servait pas dans l'antiquité à désigner les sépultures souterraines des chrétiens. On les appelait cœmeterium, lieu consacré au sommeil, mot particulier à la langue chrétienne, que les païens répétaient sans en comprendre sans doute la pieuse signification*. On les nommait aussi martyrium , moi d'origine grecque, ou confessiOy son équivalent latin, l'un et l'autre parfaitement appropriés à la sépulture des martyrs ou confesseurs de la foi^. Les tombes ordinaires étaient appelées locus^ si

1. Eusèbe, Hist. EccL, VII, 2. Cf. S. Jean Chrysost., Homilia in cœmeterii appellanonenij i .

2. C'est ainsi que la crypte qui s'étend sous le maître-autel de la basilique Vaticane est appelée la confession ou tombeau de saint Pierre.

3. M. de Rossi ne connaît aucun exemple chrétien du mot locidus.

elles ne contenaient qu'un seul corps, locus bisomus^ trisomus^ quadrisomus j si elles en renfermaient deux, trois ou quatre. Les terrassiers qui les creusaient dans les galeries, et qui creusaient les galeries elles-mêmes, portaient le nom de fossores. L^enterrement s'appelait depositio^ mot empreint d^un touchant respect et d'un pieux symbolisme. Les galeries ne paraissent pas avoir reçu de dénomination spéciale. Les

Fig. 4, — Arcosolium.

chambres s'appelaient cubicula. On donnait le nom à'arcosolia à ces tombeaux que Ton rencontre souvent dans les chambres et les galeries des catacombes, et qui diffèrent par le style des tombes ordinaires : ce sont des cavités oblongues , construites en maçonnerie ou ^-rzrsr.^fù;pg^j0^^^Mij^^ ^ creusées dans le roc, couvertes par une table de marbre posée horizontalement , et surmontées d'une niche voûtée en demicercle (/^. 4). Quelquefois la niche affecte la forme d'un rectangle (fig, 5). Dans ce cas il n'existait pas ou nous ne connaissons pas de nom spécial à cette sorte de tombe ; nous l'appellerons, pour la distinguer de V arcosolium^ une table funéraire; c'est la traduction du terme italien employé par M. de Rossi, sepolcro a mensa.

Fig. 5. — Sepolcro a mensa ou table funéraire.

Les arcosolia renfermaient souvent le corps d'un martyr. Ils servaient alors, le jour anniversaire de sa mort (le langage toujours symbolique de l'Église primitive appelait ces anniversaires natalitia, jour de la naissance), d'autels sur lesquels on célébrait les saints mystères. Les cubicula ou chambres funéraires pouvaient ainsi se diviser en deux classes. Les unes étaient de vraies chapelles, des lieux consacrés au culte public. D'autres n'étaient que des sépultures de famille. Il est probable, du reste, que les saints

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Fig. 6. — Section de chambres dans la catacombe des saints Marcellin et Pierre; ouverture inférieure du luminaire.

mystères étaient également célébrés dans ces lieux de dévotion privée le jour anniversaire de la mort des fidèles qui y étaient enterrés*. Un cubiculum était assez large pour servir ainsi à la dévotion de toute une famille. Pour qu'il pût, au besoin, servir également au culte public, on creusait souvent Tun à la suite de l'autre deux, trois, ou même quatre cubicula, qui recevaient l'air et le jour par la même ouverture ou luminare communiquant avec la surface du sol (fig. 6). De cette façon certaines parties des catacombes

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