I. Act. apost.j iiy 10, II
se convertirent en même temps que le centurion Corneille ^ Il est probable que cette cohorte revint à Rome peu de temps après Télévation d'Hérode Agrippa au trône de Judée, au commencement du règne de Caligula. Le retour des soldats convertis donna sans doute de nouvelles forces, une nouvelle impulsion au mouvement déjà commencé. Saint Pierre, qui, à ce moment, venait d'être miraculeusement délivré de prison, les accompagna peut-être depuis Césarée. Cette conjecture est d'autant plus plausible, qu'elle coïncide avec la tradition selon laquelle saint Pierre serait venu à Rome dès l'an 42^. Un fait, au moins, est hors de doute: c'est que, vers l'an 57, la foi des chrétiens de Rome « était célèbre dans tout l'univers ^ ; » c'est le mot de saint Paul dans l'épître qu'il leur adresse. L'Eglise romaine, dès lors si célèbre, compta sans doute de bonne heure des fidèles d'un rang élevé. « Dès le temps de César, dit un historien, les Juifs étaient mêlés à toutes les classes de la société romaine, et ils avaient accès dans les familles les plus illustres... Aussi, quand une partie des Juifs de Rome abandonna la loi de Moïse pour embrasser l'Évangile, ce ne sont pas seulement des Juifs d'origine qui entrèrent alors dans les rangs des chrétiens, mais un nombre presque égal de Grecs et de Romains^. »
Nous n'avons garde d'oublier ce mot de l'apôtre sur les chrétiens de Corinthe : « Il n'y a parmi eux ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles ^ » Mais tout concourt à prouver qu'au moins à Rome le nombre des fidèles appartenant aux classes élevées, et même à la famille impériale, fut dès les premiers jours de la prédication chrétienne plus considérable