De gemma animée ^ I
2. L'un des auteurs de ce livre, voyageant sur le Nil, reçut un jour la visite d'un prêtre copte qui avait vu un verre à bière dans le salon du paquebot, et le demandait avec instance pour en faire un calice. En Egypte, toutes les communautés coptes se servent de calices de verre.
3. Au iy« siècle, et même plus tard, on se servait librement, sinon à Rome, au moins hors de Rome, de vases de verre pour la célébration
uns de ces verres, désormais hors d'usage, mais qui avaient, aux jours de la persécution, contenu le sang de Jésus- Christ, furent-ils déposés comme signe de respect et d'affection, comme de pieuses reliques, près de la tombe des défunts ; plusieurs des fonds de coupe que nous possédons peuvent être, dans cette hypothèse, des fragments de calices.
Les patenœ v/Yre<3P dont parle le Z,îVrej?o«?/^ca/ n'étaient pas des calices. Elles ne servaient pas à l'évêque ou au prêtre célébrant ; mais, selon Tantique discipline, d'après laquelle, les dimanches et les jours de fête, tous les prêtres des villes épiscopales devaient assister à la messe de l'évêque, saint Zéphyrin ordonna que les prêtres des divers tituli fussent accompagnés en ces occasions par un ministre portant une patène de verre, sur laquelle un certain nombre d'hosties consacrées seraient déposées pendant la messe de l'évêque, et emportées par les prêtres pour être distribuées par eux aux fidèles de leurs paroisses respectives, « tous participant au même pain, » en signe d'union avec l'évêque qui l'avait consacré. « Pensez, dit saint Ignace d'Antioche, que vous n'avez qu'une seule Eucharistie; car la chair de Notre-Seigneur Jésus-Christ est une, et il n'y a qu'un calice dans l'unité de son sang. Un seul autel, un seul évêque, avec les prêtres et les diacres, mes compagnons dans le service de Dieu ^ » Les fragments des deux grandes patènes découvertes à Cologne correspondent exactement aux patènes eucharistiques prescrites par Zéphyrin. Les sujets bibliques qui les décorent, l'absence, sur l'une et l'autre, de toute inscription faisant allusion à la joie des festins et à des réjouissances profanes, s'accordent parfaitement avec cet usage liturgique ; et l'on peut supposer que les petits médaillons de
du sacrifice de la messe. — Bianchini, Anastas. vita pontif.^ t. 11, pp. 171^ 179.
I. S. Ignat., ad Philadelph.^ 4. Cf. ad Smyrn., 8 : « Que l'on considère comme une vraie Eucharistie celle qui est administrée par l'évêque ou par celui qu'il en a chargé. »
verre dont nous avons parlé sont aussi des débris des patènes sur lesquelles on transportait le saint sacrement de l'autel dans les diverses églises de Rome. Le P. Garrucci admet cette hypothèse, quoique, d'après lui, aucun des fonds de coupe trouvés dans les catacombes n'ait fait partie d'un calice. La patena découverte près de l'église de Sainte-Ursule en 1866 diffère de celle que nous publions plus haut en ce que les sujets, au lieu d'être des médaillons formés d'un double verre, sont peints en or et en couleurs sur la surface du plat^; ils sont d'un dessin plus correct et paraissent appartenir à une meilleure époque.
I. M. de Rossi a découvert, en 1873, '^^"^ l'arénaire voisin du cimetière de Thrason, un grand disque de verre fixé, en guise d'ornement, au mortier fermant un loculus : sur ce disque étaient peints des fruits et des oiseaux. Rien n'autorise à le croire de fabrication chrétienne. Bull, dl arch. crist., 1873, p. 21 et tav. ni, n» i.