SARCOPHAGES CHRETIENS
Sommaire. — Les chrétiens se servirent de sarcophages dés le temps des apôtres. — Leur usage ne devint jamais général, cependant. — Absence de sculptures chrétiennes sur les sarcophages pendant l'époque des persécutions. — Sujets choisis par les chrétiens dans les ateliers de sculpteurs païens. — Scènes pastorales. — Ulysse et les Sirènes. — Description des sarcophages chrétiens du musée de Latran, postérieurs à Constantin. — Le sarcophage situé au fond du vestibule. Sujets : la sainte Trinité, la chute originelle, l'Epiphanie, ligures eucharistiques, saint Pierre, Daniel dans la fosse aux lions. — Statuettes du Bon Pasteur : rareté des statues chrétiennes primitives.— Sarcophage avec un bas-relief représentant Jonas. — Sarcophage sur lequel sont sculptés Caïn et Abel offrant le sacrifice. — Sarcophage trouvé à Saint-Paul-hors-des-Murs. Sujets : Pilate se lavant les mains, saint Pierre, Daniel. — Sarcophage avec l'image du laharum et des scènes de la Passion. — Sarcophage sous un dais sculpté : Notre-Seigneur et ses apôtres, saint Pierre et saint Paul, reniement de saint Pierre. — Basrelief représentant Élie enlevé au ciel. — La Nativité. — Sarcophage de Junius Bassus : figure de l'agneau substituée à celle du Christ dans la représentation des miracles évangéliques. — Statue de saint Hippolyte, m* siècle. — Canon pascal. — Sarcophages de Spolète et de Tusculum.
Dans le cours du précédent chapitre, nous avons plusieurs fois parlé des sarcophages ou cercueils de pierre dans lesquels furent déposés quelques-uns des plus illustres chrétiens enterrés dans les catacombes. L'usage des sarcophages vient de TÉgypte, et des temps les plus reculés. Il devint fréquent à Rome à une époque où celui de brûler les cadavres n'était pas encore général. Il le redevint sous les Antonins. Des sarcophages païens se rencontrent dans tous les musées. La plus nombreuse' collection de sarcophages chrétiens se voit dans la grande salle ou le grand
vestibule du palais de Latran. Elle a été mise en ordre par le P. Marchi ; des additions y ont été faites à diverses reprises par M. de Rossi. Avant d'étudier cette intéressante collection de sculptures chrétiennes, nous devons rechercher à quelle époque et dans quelle proportion les chrétiens se servirent de sarcophages pour enterrer leurs morts. Cette étude fera connaître d'une manière générale la date des monuments que nous passerons ensuite en revue.
On a vu que la plus ancienne partie de la catacombe de Sainte-Domitille, construite sous les Flaviens, fut d'abord destinée seulement à contenir des sarcophages. Plus tard, quand cet antique hypogée eut été mis en communication avec la catacombe voisine, on creusa des loculi dans le stuc qui garnissait les murailles ; mais les niches larges et régulières, disposées pour recevoir des sarcophages, que l'on voit encore de chaque côté de lambulacre, font seules partie du plan primitifs Dans ce cimetière fut enterrée sainte Pétronille. Elle reposait dans un sarcophage que le pape Paul P' fit transporter avec son corps au Vatican. En 1474, Louis XI fit restaurer l'autel de la sainte ; les travaux qui y furent faits mirent à nu son tombeau. Le pape Sixte IV, écrivant au roi, lui en donne ainsi la description : « Il porte aux quatre coins l'image dun dauphin, qui semble garder et vénérer ce glorieux sépulcre. » Plusieurs des plus anciens sarcophages trouvés dans les catacombes sont ainsi ornés de dauphins (voir planche XX, n** i). Sur celui de sainte Pétronille est gravée l'inscription suivante :
AVRELIAE FETRONILLAE FILIAE DULCISSIMAE,
écrite, dit-on, de la main même de saint Pierre, dont cette sainte « de la maison de César » était la fille spirituelle ^ Le sarcophage de saint Lin, successeur immédiat de l'apôtre,