Ibid
Génésareth : c'est Jean*. Les autres n'y étaient pas. C'est donc à un autre titre qu'ils sont dans la barque : et le symbole, dans cette composition, l'emporte, comme toujours dans Fart primitif, sur le fait. Le vrai sens de la composition totale ou fragmentaire représentée sur ce débris de marbre est donc Jésus conduisant lui-même le navire de l'Église, la barque de Pierre, et, ramant avec lui, les auteurs inspirés des quatre évangiles : le navire mystique vogue vers le port de l'éternité, représenté, comme sur un certain nom~ bre de marbres funéraires, par le phare.
Le second sarcophage* dont nous voulons parler est d'un symbolisme moins riche et moins développé que celui qui vient d'être décrit. Il se trouve encore aujourd'hui dans les jardins de la villa Taverna, sur l'emplacement de l'antique Tusculum. Une courte description en donnera facilement l'idée. Ce sarcophage est long de 2", 48 et haut de o'",8o. Sa face principale représente une sorte de portique au milieu duquel est érigé un siège d'honneur ou trône, couvert d'une étoffe qui retombe par-devant en plis élégants : sur le siège est posé un coussin. Au-dessus, dans un cercle, est sculpté le monogramme de Jésus-Christ, dans sa forme primitive, ri et l'X réunis. Le style des sculptures, et particulièrement les lignes ondulées^ qui remplissent de leurs gracieuses spirales deux cadres placés entre les colonnes, le feraient croire antérieur au v® siècle, si les croix sculptées en relief sur les deux colonnes latérales n'étaient des indicés de cette époque. Le sujet qui orne ce tombeau est évidemment un symbole chrétien : le monogramme en est la preuve. Mais quel est le vrai sens de cette représentation? Nous ne connaissons aucun sarcophage chrétien offrant un sujet semblable. Dans les peintures et les mosaïques byzantines du x® au xii*' siècle il n'est pas rare de rencontrer, au milieu de figures de