‹ Rome souterraineChapitre 282 sur 338 · Apolog. pro Synodo, ap. Sismond, 0pp.. t. I, p. kî · texte numérisé non relu

Apolog. pro Synodo, ap. Sismond, 0pp.. t. I, p. kî

ria^ qui paraît avoir occupé à cette époque une place d'honneur dans le Baptistère de la Basilique. Ici, aucun doute n'est possible : c*est bien d'une chaire matérielle qu'il s'agit.

Ce texte peut être rapproché des vers suivants, tirés d'un manuscrit de Verdun ; ils sont du iv«= ou v*' siècle :

« Istic insontes cœlesti flumine lotas

Pastoris Summi dextera signât oves.

Hue undis generate veni quo Sanctus ad unum

Spiritus ut capias te sua dona vocat. »

« A cette place, la main droite du Souverain Pasteur marque au front les brebis innocentes, qui ont été lavées dans le fleuve céleste. O toi qui viens de renaître dans les eaux, va à la seule place où le Saint-Esprit t'appelle pour te distribuer ses dons. »

Les vers qui précèdent ces derniers dans le manuscrit étaient inscrits sur la porte du Baptistère : ils sont ainsi conçus :

u Sumite perpetuam sancto de gurgite vitam,

Cursus hic est fidei, mors ubi sola périt. Roborat hic animos divino fonte lavacrum.

Et dum membra madent, mens solidatur aquis. Auxit apostolicag geminatum sedis honorem

Christus, et ad cœlos hune dedit esse viam ; Nam cui siderei commisit limina regni

Hic habet in templis altéra claustra poli. »

« Puisez la vie éternelle à cette sainte fontaine; c'est là le torrent de la foi, dans lequel seule la mort périt. Se laver dans la source divine affermit l'âme, et pendant que les membres sont mouillés, l'esprit se fortifie par l'eau. Le Christ a ajouté un double honneur à la chaire de l'apôtre, et a fait de celui-ci le chemin du ciel ; car celui auquel il a confié la porte du royaume des cieux a ici, dans les temples, d'autres portes du ciel. »

Ces vers nous disent que le Baptistère du Vatican, sur la porte duquel ils étaient inscrits, était « un double honneur ajouté par le Christ à Pierre, et à la chaire de l'apôtre, » et qu'il y avait dans ce Baptistère un lieu distinct où les néophytes recevaient le sceau des promesses divines et les dons du Saint-Esprit par la main du Souverain Pasteur. Comparant ces vers avec le texte d'Ennodius, on reconnaît que, dans les uns comme dans l'autre, la sedes apostoh'ca n'est pas nommée seulement dans son acception spirituelle, mais encore dans un sens matériel et littéral, et qu'au v« siècle au moins était

solennellement conservée dans le Baptistère du Vatican une sella gestatoria sur laquelle ou devant laquelle lé pape était assis quand il administrait le sacrement de la Confirmation.

Nous trouvons, un siècle plus tôt, une évidente allusion au même fait dans l'inscription mise par saint Damase sur la porte du Baptistère construit par lui :

VNA PETRI SEDES VNVM VERVMQUE LAVACRVM.

De même, dans l'épitaphe du successeur immédiat de Damase, nous lisons que le pape Sirice

FONTE SACRO MAGNVS MERVIT SEDERE SACERDOSi.

La place habituelle du trône épiscopal était dans l'abside de la Basilique; par conséquent, s'il est dit que Sirice « fut jugé digne de s'asseoir comme grand prêtre près de la fontaine sacrée, » il devient clair que « près de la fontaine sacrée, » c'est-à-dire dans le Baptistère, était placée la chaire à laquelle l'évêque de Rome devait son rang suprême comme Sacerdos magnus : c'est ainsi que le magnifique Baptistère de saint Damase est appelé par Prudence « la chaire apostolique. »

Guidés par ces rapprochements et ces textes, nous lisons maintenant l'épitaphe de Ceadwalla sous une lumière toute nouvelle, et nous reconnaissons que « la chaire de Pierre » pour laquelle il abandonna sa patrie n'était autre que la fameuse sella gestatoria, que le roi saxon dut nécessairement visiter quand il vint recevoir le baptême « à la fontaine de Pierre. »

Voici un témoignage non moins précis et plus ancien, celui de saint Optât de Milève. Il pubHa la première édition de son livre contre les Donatistes pendant le pontificat de Damase, et la seconde pendant celui de Sirice. Les Donatistes se vantaient d'avoir à Rome un évêque de leur secte. Optât leur opposa la succession des pontifes romains de Pierre à Damase et à Sirice, « tous ayant occupé la même chaire, » et il ajouta : « Si l'on demande à Macrobe (l'évêque donatiste) en quel lieu de Rome il siège, pourra-t-il répondre : Dans la chaire de Pierre {in cathedra Pétri)} il ne Ta même pas vue de ses yeux, et, en sa qualité de schismatique, il n'a pu approcher du sanctuaire où

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