‹ Rome souterraineChapitre 283 sur 338 · I. Gruter, Inscr., pp. 1163, 10, et · texte numérisé non relu

I. Gruter, Inscr., pp. 1163, 10, et

elle se trouve*. » Ainsi la chaire dans laquelle Damase, puis Sirice, s'assirent en qualité de pontifes était, au temps d'Optat, regardée, non-seulement moralement, mais encore matériellement , comme la chaire de saint Pierre, et elle était vue par ceux qui venaient ad Pétri memoriam, c'est-à-dire dans la Basilique du Vatican.

Or, si, au iv« siècle, cette chaire était universellement regardée comme celle dont se servirent l'apôtre Pierre et tous ses successeurs, il est impossible qu'à cette époque une telle croyance ne s'appuyât elle-même sur une tradition plus ancienne. Avant que saint Damase l'ait placée dans le Baptistère du Vatican, la chaire apostolique doit avoir été conservée ailleurs, peut-être dans la crypte même où était la tombe de saint Pierre ou dans la basilique bâtie par Constantin. Ceci, au moins, est certain : avant la persécution de Dioclétien, pendant le cours du m® siècle, les catholiques professaient, et les hérétiques ne songeaient pas à nier, une tradition semblable à celle que saint Optât, dans le siècle suivant, opposa aux Donatistes. Cela résulte clairement du poëme contre Marcion, ordinairement publié à la suite des œuvres de Tertullien, et qui a tous les caractères d'un écrit du m® siècle. A la fin du livre III, le poëte énumèreles évêques de Rome, et commence la liste par ces mots :

« Hac cathedra, Petrus qua sederat ipse, locatum Maxima Roma Linum primutn consedere jussit. »

« Dans cette chaire, où Pierre lui-même s'était assis, la grande Rome ordonna à Linus de s'asseoir le premier après lui. »

Ces paroles impliquent certainement l'idée d'une chaire matérielle, et ce sens Httéral devient encore plus certain si on le rapproche du langage de saint Optât et d'Ennodius. Et, après la lumière jetée sur l'expression cathedra Pétri par les textes de ces auteurs, il est impossible de ne pas remarquer combien, dans les passages des anciens Pères où cette expression se rencontre, sa force est augmentée par la pensée qu'en l'employant ils savaient que la chaire de l'apôtre était conservée à Rome, témoin visible, symbole sacré de l'origine apostolique de ses pontifes. Ainsi, quand saint Cyprien, parlant du Saint- Siège vacant par le martyre de saint Fabien, s'exprime ainsi : Cum locus Fabianiy id est locus Pétri et gradus cathedrœ sacerdotalis mcaret^, la force de ces mots s'accroît considérablement^ si l'on pense

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