‹ Rome souterraineChapitre 285 sur 338 · Vales., in ibid · texte numérisé non relu

Vales., in ibid

4. Bull, di arch. crist., 18(54., p. $; i8(Î7, p. 31, 35, 16. — Cette fresque est de la fin du xi* siècle : elle est peinte sur un des piliers de maçonnerie qui, à cette époque, furent construits dans la nef (voir note F). La scène de l'intronisation de saint Clément occupe le compartiment supérieur de la fresque : les têtes et le haut du corps ont été coupés par le pavage de la basilique moderne : on distingue seulement les jambes d'un pontife sur une estrade, avec cette désignation : ses clemens ; à sa gauche on voit, s'avançant vers lui, les jambes d'un personnage, sous lequel est écrit petrus. A droite on reconnaît le bas du corps de deux autres personnages sous lesquels se lisent les noms :

CLETVS, LINUS.

qui, au milieu de légendes douteuses , ont conservé à l'histoire bien des faits dont, sans eux, toute trace serait perdue.

Le lecteur a vu se dérouler, anneau par anneau, toute la chaîne des témoignages relatifs à la chaire de saint Pierre : elle commence au v« siècle, et on peut la suivre jusqu'à une époque où vivaient encore des hommes qui avaient conversé avec les contemporains des apôtres. Pendant ce long espace de temps, la chaire de Pierre fut considérée par les chrétiens de toutes les parties du monde comme le gage et le symbole de la succession apostolique et de l'enseignement de la vraie doctrine. Elle était l'objet d'une fête que célébraient également saint Ambroise à Milan et saint Augustin en Afrique ; la relique elle-même avait été déposée par saint Damase dans le Baptistère du Vatican, où elle fut conservée pendant le v® et une partie du vi^ siècle : et il est probable que l'épitaphe de Ceadwalla, au vu", contient une allusion formelle à cette cathedra. Pendant le moyen âge, on entend moins parler de la chaire de saint Pierre. Elle est nommée incidemment à l'occasion de l'intronisation des papes : les recueils liturgiques font mention d'elle. Mais les apologistes ne songent pas à l'invoquer , comme dans les siècles précédents , à titre d'argument contre les hérétiques. On ne peut donc voir dans la chaire de saint Pierre une légende de cette époque, une invention des siècles barbares. L'existence de la chaire, et les souvenirs qu'elle rappelle , furent bien connus , du reste , pendant tout le cours du moyen âge : chaque année , le 22 février, elle était portée solennellement près du maître-autel de Saint-Pierre, et le pape s'asseyait sur elle. Les historiens du Vatican rapportent qu'elle fut conservée tantôt dans une chapelle, tantôt dans une autre, jusqu'au xvii^ siècle : Alexandre VII l'enferma dans un monument de bronze, où elle est demeurée cachée à tous les yeux jusqu'en 1867. Il n'est guère probable qu'une nouvelle chaire ait été , soit à cette époque , soit à une époque antérieure , substituée par fraude à celle que vit Ennodius , et que Damase déposa dans le baptistère du Vatican. La cathedra exposée en 1867 correspond exactement à la description donnée par Ennodius. Les anneaux qui font d'elle une sella gestatoria sont fixés dans une portion de la chaire facile à distinguer des additions plus récentes. L'archéologie et l'histoire s'accordent donc pour reconnaître la vraisemblance de la tradition romaine, qui voit dans la chaire conservée à Saint-Pierre de Rome le siège même de l'apôtre.

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