Bull, di arch. crist.. 1863, p
s'entassèrent sur la pente du Celius où se trouve la basilique : et comme, selon la remarque de M. l'abbé Cochet, les anciens, après la dévastation de quelque partie de leurs villes, nivelaient, mais ne déblayaient pas% le sol de ce quartier de Rome dut, quand on commença à y reconstruire les habitations détruites par l'incendie, se trouver considérablement exhaussé. La basilique, à ce moment, ressemblait, sans doute, à un navire en perdition que l'on voit peu à peu s'enfoncer dans la mer, et qui semble près d'être recouvert par les flots : seulement, ici, le navire demeurait immobile et c'étaient les flots qui montaient autour de lui.
La décoration intérieure de la basilique, aujourd'hui souterraine, concorde avec la date que nous indiquons. Il s'y trouve, outre les vestiges de peintures plus anciennes (dans un angle du narthex^ ou portique d'entrée, deux têtes qui peuvent être du v«= ou vi^ siècle), des fresques du viii« (celles représentant les saintes femmes au tombeau, les noces de Cana, le Christ en croix, à l'angle opposé du narthex)^ du ix'^ (l'assomption de la sainte Vierge, au même endroit), du X'' (des scènes de la vie de saint Cyrille, peintes près de son tombeau présumé, à droite du presbyterium)^ du xr siècle (la tranvSlation du corps de saint Cyrille et le miracle de saint Clément, sur les entre-colonnements du Tz^rM^jf^ l'intronisation et la messe de saint Clément, l'histoire de saint Alexis, sur les entre-colonnements construits dans la nef). Aucune décoration postérieure à cette époque n'apparaît dans la basilique primitive. Les peintures d'un des entrecolonnements ou pilastres de la nef ont été données par un notable habitant du quartier du Celius, nommé Beno de Rapiza, également donateur, avec sa femme Maria, de celles des entre-colonnements du narthex : or son nom se retrouve, en l'an 1080, sur un manuscrit du Vatican. Les entre-colonnements du narthex remontent à une époque plus reculée : mais les deux pilastres de la nef, sur lesquels se voient retracées des scènes de la vie de saint Clément et de saint Alexis, furent peut-être construits et décorés en même temps, et le nom de Beno de Rapiza indique, pour leur décoration, la fin du xi« siècle. Il vivait sans doute encore en 1084, lors de l'incendie allumé par Robert Guiscard, et il se peut que les pilastres de la nef, qui rompirent la belle ordonnance des colonnes, en masquèrent deux et en bloquèrent Tinterv^le, aient été construits à cette époque, pour soutenir l'édifice que l'accumulation des ruines environnantes faisait fléchir, mais que l'on n'avait pas encore résolu d'abandonner.