‹ Rome souterraineChapitre 327 sur 338 · Arnobe, Confra Gentes,iv · texte numérisé non relu

Arnobe, Confra Gentes,iv

8. Theguilt imputed to their charge was that of af/im/n and Jemsh manners, singular association of ideas, which cannot with any propriety be applied

6i8 ROME SOUTERRAINE.

Suétone^ il est vrai, ne nomme pas le christianisme parmi les causes de la mort de Clemens ; mais il n'en nomme aucune. Il dit seulement que Domitien fit périr celui-ci sur un très-mince soupçon, ex tenuissima suspicione^ . Suétone put, en efFet, considérer comme très-Futile une accusation de cette nature, comme très-fuciles surtout les craintes que le changement de religion de Clemens excita peutêtre dans l'esprit de Domitien. Suétone, d'ailleurs, si curieux de songes, de présages, de superstitions de toute espèce, est absolument indifférent aux vraies questions religieuses ; il ne semble pas s'apercevoir qu'au moment où il écrit la conscience humaine est agitée jusque dans ses fondements ; il ignore l'histoire du Christ, dont il fait un vulgaire agitateur juif ayant vécu à Rome sous Claude : quoi d'étonnant s'il n'a pas pris soin de noter, autrement que par un mot vague et peut-être dédaigneux, la véritable cause de la mort de Clemens }

2° La question soulevée à propos de l'existence d'une seconde Domitilla chrétienne est plus délicate. L'Eglise vénère une Fiavia Domitilla, vierge et martyre, dans laquelle nous voyons une nièce de Clemens, fille de sa sœur Plaucilla. Son existence nous paraît établie par les documents suivants: i° Les Actes de Nérée et Achillée, qui racontent son exil dans l'île de Pontia, son martyre, et indiquent le nom de sa mère ; 2" deux passages d'Eusèbe, l'un emprunté à son Histoire ecclésiastique (m, 18) : « Notre foi avait déjà jeté un si grand éclat, que même les historiens païens ont fait mention dans leurs récits de la persécution dirigée contre nos frères et des supplices auxquels ils furent condamnés. Quelques-uns même en ont marqué avec soin la date, citant, par exemple, dans la quinzième année du règne de Domitien^, Fiavia Domicilia, ^//^ de la sœur de Flavius Clemens, un des consuls^ qui, pour avoir confessé le Christ, fut reléguée dans l'île de Pontia » ; l'autre tiré de sa Chronique, où il cite le nom d'un de ces écrivains païens : « Brutius écrit que beaucoup de chrétiens souffrirent le martyre sous Domitien, parmi lesquels Fiavia Domicilia, nièce (ex sorore neptem) de Flavius Clemens^ consul, qui fut reléguée dans l'île de Pontia, parce

except to the christians. Gibbon, Décline and Fall, ch. xvi. Cf. Baur, Paulus, p. 472.

I. Suétone, Domit., 15 • . a. L'an 96 (et non 97, comme une faute d'impression, que le lecteur aura corrigée de lui-même, nous fait dire p. $3).

qu'elle s'était dite chrétienne » ; 3° un passage d'une lettre de saint Jérôme, qui montre la sainte veuve Paula visitant, dans l'île de Pontia, la maison qu'avait habitée l'exilée '. M. Aube, après Scaliger, pense qu'il y a dans tout ceci une confusion, et qu'il s'agit, dans ces divers documents, de la même Domitilla dont parlent Dion, Suétone et Philostrate "^, c'est-à-dire la femme du consul Clemens : il raye de la généalogie des Flaviens, du martyrologe et de l'histoire Domitilla la jeune, qu'Eusèbe dit nièce de Clemens.

Le savant critique fait bon marché de l'autorité des Actes et même de celle d'Eusèbe : les premiers sont, dit-il, un document légendaire, qui ne peut faire preuve ; Eusèbe, lui, ne nomme qu'un des écrivains sur lesquels il s'appuie, et c'est un Brutius, parfaitement inconnu, sur la personne de qui les hypothèses les plus contradictoires ont été émises, dont tous les écrits sont perdus, et dont le témoignage, qui ne peut être contrôlé, reste sans valeur historique. N'est-il pas possible qu'Eusèbe ait nommé l'île de Pontia pour celle de Pandataria, où Dion place la femme de Clemens } Saint Jérôme, il est vrai, rapporte que de son temps on visitait encore, dans l'île de Pontia, la maison de Domitille; mais il se pourrait que Dion, et non Eusèbe, se fût trompé, et que l'épouse du consul ait été reléguée à Pontia et non à Pandataria: les deux îles sont voisines, toutes deux sont célèbres par d'illustres exils ^, et la confusion de l'une à l'autre était facile.

Cette argumentation n'est pas sans réplique. D'une part, l'autorité des Actes de Nérée et Achillée, très-faible dans la partie qu'on pourrait, avec M. Aube, appeler romanesque, est, au contraire, trèsforte sur d'autres points ; ainsi, les indications données par eux sur les sépultures de Nérée, d' Achillée, de Pétronille, sur le lieu où elles se trouvaient, sur la distance où ce lieu était de Rome, ont été de tout point confirmées par les découvertes modernes : il est probable que leur rédacteur eut sous les yeux des renseignements exacts, qu'il a malheureusement gâtés. Aurait-il inventé le nom de la mère de Domitille, qu'il appelle Plautilla? Rien n'autorise à le penser : il se peut, comme le conjecture M. de Rossi, que cette sœur inconnue de Flavius Clemens descende, par sa mère, de Plautius, le mari de

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