I- Minuc. Fel., Octavius, lo, ii
2. Nous employons ce mot, qui est d'un usage général pour désigner les tombes creusées dans les parois des catacombes chrétiennes. Voir cependant page 40, note 3.
3. Quam rarissime y partira oscitantia, partira aliis de causis, christianis adhibitara epitaphiis fuisse satis constat. — De Rossi, Spicilegium Solesmense^ t. III, p. 551.
Quoique différent du mode de sépulture que le plus grand nombre des Romains suivait au commencement de l'empire, celui adopté par les chrétiens n'eut, on Ta vu, rien d'étrange ni d'insolite. Le monde antique le connaissait depuis longtemps, la Phénicie, la Palestine, l'Étrurie, Rome même en offrent des exemples. L'Église grandit au milieu des Juifs et des païens, et elle n'affecta pas de rompre violemment avec la société qui l'entourait. Elle semble, au contraire, s'être appliquée à contredire le moins possible ses lois, ses usages et ses mœurs, en tout ce qui n'était pas contraire à la loi divine et repoussé par la conscience des fidèles. Elle réclama de bonne heure comme son bien ce qui était bon et vrai dans les civilisations au milieu desquelles elle vivait, tout en gardant intactes et séparées la pureté et l'originalité de sa constitution. Aussi, loin de paraître une innovation, l'ouverture des premières catacombes ne dut-elle surprendre personne. Les chrétiens usaient de la liberté accordée à tous en matière de sépulture ; ils enterraient leurs morts suivant un usage antique qui, i^iême à Rome, ne cessa jamais entièrement d'être en vigueur, et que venait de consacrer pour eux l'exemple de leur divin maître. Ils commencèrent ainsi à creuser des cimetière-s, çà et là, en divers quartiers des environs de Rome, partout où l'occasion s'en présentait, et où cela devenait nécessaire, ne se préoccupant pas encore de l'avenir, ne prévoyant guère sans doute les énormes proportipns que prendrait bientôt ce travail ni les usages multiples auxquels serviraient les catacombes.
Quelques-uns de ces premiers cimetières ont conservé leur destination primitive, sont demeurés ce qu'ils étaient originairement, des lieux de sépulture privée : on a découvert dans les environs de Rome des cimetières chrétiens consistant en une seule chambre. D'autres, commencés dans ces proportions modestes, se sont, avec le temps, démesurément accrus, et ont servi comme de noyau à de plus vastes catacombes; quelques parties seulement de ces cimetières devenus publics sont demeurées, soit en vertu de la desti-
nation primitive, soit par une concession postérieure, Tapanage exclusif de familles particulières. L'inscription suivante, récemment découverte dans la catacombe de Saint- Nicomède *, située dans les jardins de la villa Patrizzi, hors la porte Pia, paraît faire allusion à l'un de ces emplacements réservés :
On en peut dire autant de celle-ci, qui se voit encore dans une des plus anciennes parties du cimetière de Domitille, à peu de distance du tombeau des saints Nérée et Achillée :