‹ Rome souterraineChapitre 63 sur 338 · Ep. 86, ad Eustochium · texte numérisé non relu

Ep. 86, ad Eustochium

et située à un mille et demi de Rome sur la voie Ardéatine. Or il existe à cette distance de Rome et sur la même voie une ferme connue maintenant sous le nom de Tor Marancia. Dans cette ferme a été trouvé un cippe funéraire, déterminant la limite et donnant la mesure d'une area sépulcrale de 35 pieds in fronte sur 40 in agro, concédée à un certain Sergius Cornélius Julianus et à deux autres personnes ex indiilgentia Flaviœ Domitillce. Une autre pierre, trouvée probablement au même lieu% cite encore un terrain funéraire concédé Flaviœ Domitillce.., Vespasiani nejptis... beneficio. Enfin, dans le cimetière qui s'étend sous la ferme de Tor Marancia, ou au moins dans son voisinage immédiat, on a trouvé des inscriptions relatives à plusieurs membres de la gens Bruttia. Peut-être y avait-il quelque rapport de parenté ou d'alliance entre les deux familles; il est au moins certain que les Bruttii possédaient un terrain funéraire dans le voisinage de Tor Marancia, et ainsi s'explique la mention particulière consacrée par rhistorien Bruttius à la conversion et à l'exil de sainte Domitille. En présence de témoignages aussi considérables et aussi concordants, il n'est pas douteux que Flavia Domitilla, peut-être après sa tante, la femme du consul Clemens, ait possédé un domaine de quelque importance à Tor Marancia, et le cimetière chrétien découvert en ce lieu même ne saurait être autre que le cimetière historique connu sous le nom de sainte Domitille ou des saints Nérée et Achillée.

En descendant par un très-bel escalier en plein air, le visiteur rencontre à gauche, au second étage de cette catacombe, une chapelle où furent probablement enterrés les deux martyrs^. A peu de distance de cette partie du

1. Orelli-Henzen, 5422-5423. — M. de Rossi supplée divi Vespasiani.

2. L'auteur de l'Itinéraire conservé par le manuscrit d'Einsiedeln vit encore, au vin« siècle^ le tombeau de Nérée et Achillée, portant l'inscription suivante, qui, par son laconisme, pourrait être jugée le

HISTOIRE DES CATACOMBES. loj

cimetière, on a découvert sur le flanc extérieur de la colline une ruine considérable. M. de Rossi n'hésite pas à y reconnaître le monument funéraire d'un membre ou d'un intime ami de la gens Flavia, qui aurait vécu et qui serait mort sous le règne de Domitien. C'est à coup sûr une des ruines chrétiennes les plus remarquables que Ton connaisse. L'hypogée a son vestibule sur le bord de la route : la façade % en belle maçonnerie de briques, est ornée d'une corniche en terre cuite; la place de l'inscription avait été, selon l'usage, ménagée au-dessus de la porte, et se reconnaît encore ; malheureusement l'inscription elle-même est perdue. L'architecture de ce vestibule, adossé à la colline comme la façade du tombeau des Nasons, convient parfaitement au monument funéraire d'une noble famille chrétienne, construit à grands frais et avec une entière liberté. De chaque côté de ce vestibule fut ajouté plus tard, vers le 11^ ou plus probablement le iii^ siècle, un édifice^ dont le périmètre, faute de fouilles suffisantes, n'a pu encore être déterminé. Il paraît avoir eu la forme d'un trapèze, et s'être greffé, comme un vaste atrium , sur le portique du i^"" siècle, qu'il a dû envelopper tout entier. Il se compose, à gauche (^), de petites cellules garnies de stuc peint en rouge, sur lequel on distingue quelques couleurs effacées, et des oiseaux : décoration analogue à celle des maisons de Pompéi. L'une de ces cellules, encore intacte, recouvre un puits circulaire : auprès sont un réservoir d'eau et une fontaine, dont la vasque est très-bien conservée. Un banc de pierre, à demi dégagé par les fouilles, se prolonge le

titulus primitif : nerevs et achillevs martyres. A cette inscription avait été ajoutée une épitaphe en vers du pape Damase, de laquelle il résulte que les deux aihicularu de Flavia Domitilla remplirent d'importantes fonctions à la cour de Domitien :

MilitiiE nomen dederant almumque gerebant Officium pariter spectaiites jussa tyranni.

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