‹ Rome souterraineChapitre 311 sur 326 · Dion Cassius, Hist,, lxvii, ij · texte numérisé non relu

Dion Cassius, Hist,, lxvii, ij

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coupables d'athéisme, et punis de diverses peines. Cela veut-il dire qu'ils aient été chrétiens ? Oui, s'il est vrai qu'au i" siècle les chrétiens aient été accusés, et seuls accusés, d'athéisme. Or, ceci n'est pas douteux. Saint Justin, qui écrivait sa première Apologie cinquante ans environ après la mort de Clemens , s'exprime ainsi : ff On nous appelle athées : et nous avouons que nous le sommes, s'il s'agit des dieux inventés, mais non s'il s'agit du vrai Dieu*, t Quand on voulait flatter la foule ennemie des chrétiens, c'est encore ce mot qu'on employait : t Parlant de ce qu'il ignore, Crescent, dit encore Justin, appelle les chrétiens athées et impies, pour plaire à une populace égarée*. ■ Athénagore, qui écrit sous Marc-Aurèle, énumère les crimes que l'opinion reprochait aux chrétiens, et met au premier rang Tathéisme'. Le païen Lucien, le chrétien Minutius Félix, s'expriment de même*. C'était contre eux, à la fois, le cri populaire * et l'accusation officielle : elle n'avait aucun rapport avec le vague reproche d'impiété que les délateurs jetaient à la face de ceux qu'ils voulaient noircir auprès du prince, et que rappelle à ce propos M. Aube*: ce n'est pas, en effet, d'impiété au sens politique du mot, mais d'athéisme, (yOcni».% àOioTTitoç, que parle Dion : et l'on cherche vainement contre qui, sinon contre les chrétiens, fut jamais, dans le monde romain, portée une semblable accusation. A qui, sinon à eux, pouvait-on dire : t Vous n'avez ni statues des dieux ni autels sur lesquels vous répandiez le sang des victimes'? 1 Toutes les religions païennes adoraient des simulacres, le sacrifice sanglant faisait partie de la loi des Juifs : seuls les chrétiens pouvaient paraître, aux yeux de leurs ennemis, n'avoir ni dieu ni culte. Quand donc on voit accusées d'athéisme des personnes qui avaient abandonné les mœurs païennes pour embrasser un genre de vie qui se rapprochait de celui des Juifs, il paraît impossible, dirons-nous avec Gibbon, d'admettre qu'il s'agisse d'autres que de chrétiens*.

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