‹ Rome souterraineChapitre 313 sur 326 · I. Suétone, Domit · texte numérisé non relu

I. Suétone, Domit

3. L'an ç6 (et non çy, comme une faute d'impression, que le lecteur aura corrigée de lui-même, nous fait dire p. $}).

Digiti

qu'elle s'était dite chrétienne • ; 3<> un passage d'une lettre de saint Jérôme, qui montre la sainte veuve Paula visitant, dans Tîle de Pontia, la maison qu'avait habitée Texilée '. M. Aube, après Scaliger, pense qu'il y a dans tout ceci une confusion, et qu'il s'agit, dans ces divers documents, de la même Domitilla dont parlent Dion, Suétone et Philostrate *, c'est-à-dire la femme du consul Clemens : il raye de la généalogie des Flaviens, du martyrologe et de l'histoire Domitilla la jeune, qu'Eusèbe dit nièce de Clemens.

Le savant critique fait bon marché de l'autorité des Actes et même de celle d'Eusèbe : les premiers sont, dit-il, un document légendaire, qui ne peut faire preuve ; Eusèbe, lui, ne nomme qu'un des écrivains sur lesquels il s'appuie, et c'est un Brutius, parfaitement inconnu, sur la personne de qui les hypothèses les plus contradictoires ont été émises, dont tous les écrits sont perdus, et dont le témoignage, qui ne peut être contrôlé, reste sans valeur historique. N'est-il pas possible qu'Eusèbe ait nommé l'île de Pontia pour celle de Pandataria, où Dion place la femme de Clemens? Sauit Jérôme, il est vrai, rapporte que de son temps on visitait encore, dans l'île de Pontia, la maison de Domitille; mais il se pourrait que Dion, et non Eusèbe, se fût trompé, et que l'épouse du consul ait été reléguée à Pontia et non à Pandataria : les deux îles sont voisines, toutes deux sont célèbres par d'illustres exils ', et la confusion de l'une à l'autre était facile.

Cette argumentation n'est pas sans réplique. D'une part, l'autorité des Actes de Nérée et Achillée, très-faible dans la partie qu'on pourrait, avec M. Aube, appeler romanesque, est, au contraire, trèsforte sur d'autres points ; ainsi, les indications données par eux sur les sépultures de Nérée, d' Achillée, de Pétronille, sur le lieu où elles se trouvaient, sur la distance où ce lieu était de Rome, ont été de tout point confirmées par les découvertes modernes : il est probable que leur rédacteur eut sous les yeux des renseignements exacts, qu'il a malheureusement gâtés. Aurait-il inventé le nom de la mère de Domitille, qu'il appelle Plautilla? Rien n^autorise à le penser : il se peut, comme le conjecture M. de Rossi, que cette sœur inconnue de Flavius Clemens descende, par sa mère, de Plautius, le mari de

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