SCÈNE IL
Un monastère.
FrÈRB LAURENCE, aree une corbeille pleine de flearf..
FRÈRE LAURENCE
Le matin aux yeux gris sourit sous le front téné-
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breux de la nifit; des traits de lumière commencent à >>iAnfthîp les nuages de l'Orient : la nuit, traînant son manteau semé d'ombres et de rayons, fuit les pas da jour, et comme un homme dans l'ivresse, elle chanealle et se retire devant les roues enflammées du soleil, ^vant que c^ astre montre son œU étincelant qui rè^ jouit la nature, avant que ses feux aient séché l'humide rosée, il faut que je remplisse cette corbeille de simples de toute espèce, de {liantes envenimées et de fleurs d'an suc précieux. — La terre est la mère et le tombeau de la nature. Nous voyons éclore de son sein ime foule de productions diverses, enf&nts nombreux •dasa fécondité. 0 quelle puissance réside dans les liantes, les herbes et les pierres I Quelle variété dans Imrs propriétés! Dans tout ce qui vit et croit sur k tetre, il n'est nai de si vil qui n'of&e quelque bien ; il n'est rien de si bon, de si parfisiit, qui, détourné de son utile usage, ne dégénère de sa nature primitive, et ne se convertisse en mal. Quelquefois la vertu même se <ihange en vice, lorsqu'elle est mal appliquée, et quelfois le vice s'anoblit par des actes de vertu. Dans le jeune calice de cette petite fleur le poison foit son séjour, et la médecine y trouve sa puissance : si on la flaire, elle réjouit les sens ; si on la goûte, elle tue les sens et le cœur. Ainsi, dans le sein de l'homme, caiopent deux ennemis toujours en guerre; la grâce et la volonté rebelle; dès que la partie perverse domine et l'emporte^ la mort dévore égsdem^itle sein de l'homme ou de la plante.