‹ Roméo et Juliette: tragédie en cinq actesChapitre 37 sur 42 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Une me de Mantoue, U naît.

ROMÉO, pois 6ALTAZAR.

ROMÉO

Si je puis me fier au sommeil, et voir la vérité dans ses illusions flatteuses, mes songes me présagent de joyeuses nouvelles qui sont sur le point de m'arriver. L'àme qui règne dans mon sein, repose légère sur son Mne, et durant tout ce jour, un sentiment nouveau pour moi m'élève au-dessus de la terre, et me remplit d'idées riantes et fortunées. J'ai rêvé que mon épouse est venue en ces lieux, et m'a trouvé sans vie, — . ëirange songe, qui laisse à un homme mort la faculté de penser I ^ et que ses baisers ont soufflé la vie sur mes lèvres; que je me suis ranimé et vu assis sur le trône d'un empereur. 0 ciel! quelle est donc la douceur des jouissances réelles de l'amour, puisque ses vaines images versent tant joie dans le cœur. J'espère et j'ai besoin d'espérer. Baltazar, mon fidèle serviteur, n'est pas encore venu de Vérone. Ahl le voilà enfin.

BÂLTÀZAIU

Mon seigneur et maître.

KOMÉO.

Eh bien, Baltazar? Ne m'apportes-tu pas des lettres du frère Laurence? Comment se porte ma Juliette? Je te fais deux fois cette question, car rien ne peut être mal» si ma Juliette est bien.

BALTAZAR

Juliette votre épouse est bien, son âme immortelle vit parmi les anges, et son corps repose dans le tombeau des Capuiet. Ohl pardonnez, si je vous apporte ces funestes nouvelles; vous ne m'avez laissé k Vérone que pour m'acquitter de ce devoir.

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