ACTE CINQTJIÊHS
ROMéo.
En est-il ainsi? — A présent, je te défie, fatale destinée. — (a Eaitaxtr.) Tu connais ma demeure. Va..... apporte-moi de l'encre et du papier, et fais-moi préparer des chevaux : je pars de ces lieux cette nuit.
BALTAZAR
Excusez-moi, seigneur; mais je n'ose vous laisser seul : Yos yeux ternes et farouches semblent annoncer quelque dessein funeste.
ROMÉO
Va, tu te trompes. Laisse-moi, et fais ce que je t'ordonne. — N'as-tu point, de lettre du religieux pour moi?:
BALTAZAR
Non, mon cher maître.
ROMEO
N'importe. Pars, et songe à m'amener des chevaux : je te rejoins dans le moment. (Baïuzar sort.) Oui, Juliette, je vais reposer avec toi cette nuit : cherchons les moyens. — 0 idée de destruction I que tu es prompte à entrer dans les pensées de l'homme au désespoir, (u rire.) Je me souviens d'un apothicaire, qui demeure ici aux environs ; je l'ai remarqué dernièrement, il était couvert de méchants lambeaux. Des yeux caves sous d'épais sourcils : il triait des simples; un visage hâve et maigre. L'affireuse misère l'avait rongé jusqu'aux os. La boutique ressemblait au maître. En voyant sa profonde misère, je me disais à moi-même : Si un homme avait besoin de poison, quoique la vente en soit punie de mort à Mantoue, voilà un malheureux qui lui en vendrait. Oh! cette pensée était donc un pressentiment du besoin que j'étais près d'en avoir, et il faut que ce misérable m'en vende. —Autant que je m'en souviens, <i^est ici sa demeure. — Comme c'est aujourd'hui une fête, la boutique du pauvre hère est fermée. Holàl holà, apothicaire!
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