SCÈNE V
BENVOLIO et ROMEO.
BBNVOLIO*
Cher oonsin, je te donne le salut du matin.
Roaiio.
Quoi i le jour est-il si peu avancé ?
Neuf heures viennent de sonner.
moMÂo.
<)oe ta lienrai Iristes paraissent UmgmBêi âtaH-w mma'fpèm qae f«i vu e'étoigner si Tite^ 4» iieaT
BBKTOUO.
C'était lui. — Quel est donc ie chagrin qui allonge ainsi les lieuras de ftoméo?
ROMéO.
Le chagrin de ne pas posséder l'objet dont la pos- BSBûamlnrait ixnileriapideinent mes béons.
BENYOUO.
Il s'agit d'amour.
BOllfiO.
D'un amour sans espo».
BBRTOUO*
Hélas I Faut-il que l'amour, cpii semble si doux, se maatae à reprends un tyisn si emell
'BOfKBO, 4i«lrtil«
Oùdinerons-nous aujoard%ui? — Quel est donc le timmto dontaretffliti cette plaoet... Ma», non^ ne If amuse pas à me ie raconter : f ai tout entendu. — Il y a ici bien des combats à livrer avec la haine : nuds il y en a bien plus encore à soutenir avec l'amour I (bd te frappant le sein.) O amour, que la haine empoisonne t 0 haine où se mêle la tendresse I — Amour! étrange sentiment, qui de rien crée tout! chimère féconde en tourments I passion vaine et sérieuse! chaos informe d'iUusions brillanles et fortunées! affection indéfinissable, qui soulage et opprime Tàme, l'illumine et l'obsenrcit^ brûle et glace, tue et numae le cœur! Voilà raoBMir que je Béas : cher Benvolio, n'es-tn pas tenté danedej^tiét
•BBlffaLID*
Non, cousin; je le «ends plutôt de pleuiar.
roiÀk Bon cœur; pourquoi?
Deiroirleeltagrindont ton eœur sensible est oppressé.
ftai âme «st amez i^ecablée de mes propres «hagrins; ce tendre intérêt que tu me monlfes, ca aug*
8 ROMBO BT JULIBTTB
mente encore le poids, et ta douleur aggrave la mienne. — Amour I 6, sentiment plein de raison et de folie I poison amer qui tue; doux baume qui rôpare et conserve. — Adieu, cousin, (u Tem lortir.)
BBNVOUO.
Attends-moi, je yeux t'accompagner : si tu me quittes ainsi, tu m'offenses.
ROMÂO.
Roméo n'est point ici : il existe quelque part ail-* leurs.
BBNVOLIO.
Apprends-moi donc quelle est celle que tu aimes t
ROldK).
Tu veux me faire pleurer en le disant.
BENVOLIO.
Pleurer I non. Mais au risque de te causer de ladou^ leur, je te le demande instamment. Qui?
ROMÂO.
C'est demander & un malade de faire son testament, quand il sent déjà le froid de la mort. Cousin, j'aime une fenune.
BENVOLIO.
Merci, je m'en doutais.
ROlfio.
Celle que j'aime est belle.
BENVOUO.
Il est facile d'atteindre ce but splendide.
ROllÂO.
Tu te trompes, elle est invulnérable aux traits de l'amour. Son cœur est inaccessible aux tendres propos : ses yeux modestes évitent la rencontre dangereuse des regards. Ce n'est pas eUe qui ouvrira son sein à l'or, qui corrompt les vertus les plus célestes.
BENVOLIO.
A-t-elle donc juré de rester vierge 7
BOUÂO.
Elle a abjuré l'amour : et son vœu cruel donne la mort à un infortuné qui ne vit que pour elle.
BENVOUO.
Laisse-toi gouverner par mes conseils : oublie-Ia dans tes pensées.
ACTB P&BlilBK ^
ROMéo.
Enseigne-moi donc à cesser de penser.
BENVOLIO.
En donnant une pleine liberté à tes yeux; en les promenant sur d'autres belles.
ROMBO.
C'est le moyen de la faire paraître plus éclatante encore à mes yeux.
BBNTOUO.
Fais-en l'expérience.
ROMEO
. €k>nmient?
BBNTOLIO.
Écoute. C'est une coutume antique chez les Capulet de donner une fête. Elle a lieu ce soir, et c'est le rendez-vous d'un monde de charmantes jeunes filles. Qui sait si la tienne ne sera pas là? Viens.
ROMÉO
Dans la maison des Capulet, nos ennemis I
BENVOLIO.
Oh I nous irons masqués, et là, avec des yeux impartiaux, tu pourras comparer la tienne avec les autres.
ROMEO
Une femme plus belle que celle que j'aime. C'est impossible. Non, je n'irai pas avec toi.
BENVOLIO.
Voici Mercutio, notre ami; il va joindre ses instances aux miennes.