Archives Nationales. Dossier Romieu
ment du roi fût respecté, à ce que les paysans ne fussent pas avilis, à ce qu'enfin chacun comprit qu'il n'était plus permis, depuis la révolution de Juillet, de dire comme on disait trois jours avant qu'elle éclatât : « Coquin, sites bœufs ne marchent pas mieux, je t'attellerai à ta charrette ! »
11 est encore vrai que j'ai inspiré à la garde nationale le sentiment de sa force, que je l'ai organisée sur un pied respectable et qu'aujourd'hui les chouans n'osent plus approcher de Quimperlé. En somme mon exaltation est tout entière dans ma qualité de sous-prélet qu'on voulait menlever.
En ju^e impartial, nous comprenons que le commerce n'ait pas été fort chaud entre le curé de Quimperlé et l'auteur du Pape est f/ris. M. de Monlalivel, (juoique aimant i)eaucoup Romieu, eut la ressource de tous les ministres ; il conlia la réj)onse à ses bureaux et, six mois plus tard, on demandait encore des rens<'ijrn«'ments sur le solliciteur. Le 17 janvier ISH2. M IN'Ih'Uc. préfet du Finistère, adressait ce rappoii à son clicf :
(( Il a tlu lalnil coiniiit' t-rrivaiii ' cl une facililt' I'diI reniar(|iial)le. Si dans le priiicipi' il s'occiipail peu de son adiniinshalioii. il ii Viu'sl plus ainsi aujourilhui l't iciraMjuà iiH' loiirr (le son acliNih'v II a ('té for! lancé dans les opinions du mnumnrni . mais depuis qn«d(jue lriii|)S je le crois Itcaiicoiip plus modéré, .le l'curctt»' pouilani de le \ oir mloui-c piincipalciiicnt des hommes h's plus cxaih'S 1! c\i>lc nihc lui cl M. le maii-c k\k' (Juiiiiiicrlc une iiu''sinlidliL:'ence «|ui nuil au service... il sollicile de I axanccmenl. mais je ne lui
\. \\i\ Ml pulili.iil ilans la Hevuf de raris, l \\\II un article
Ma-urs >lf 1(1 Itiissc llretugne. Lt's lut les
crois pas encore assez de maturité pour remplir con- I
venablement les fonctions de préfet. »
Déclaration sévère, juste et plutôt nuisible pour l'intéressé. Aussi Romieu venait-il lui-môme à la rescousse en relançant Montalivet.
Quimperlé, 18 avril 1832.
Mon cher Camille,
Voici la session qui finit et ce terme imposé à mes longues espérances est aussi celui du répit que j'ai accordé à ta vieille amitié. Beaucoup d'honorables députés parmi lesquels je puis citer MiM. Girod de l'Ain, Guizot, de Saint-Aignan, Gaillard-Kerbertin, de Kératrj, de Mornay, ont bien voulu appuyer de leur crédit, de leurs pressantes instances la demande que j'ai faite d'une préfecture. Le moment est peut-être venu de te mettre à la tète de cet obligeant bataillon que tu as dès les premiers jours encouragé de ton exemple. (Suivent quelques lignes consacrées à son propre éloge.)
Nous sommes l'un et l'autre, mon cher Camille, aux deux bouts de l'échelle. Sans avoir la prétention de toucher aussi le toit, je voudrais enfin cesser d'avoir les pieds dans la poussière et je te prie de me taire signe de monter.
Crois toujours bien au constant dévouement de ton vieux
camarade.
Auguste Romieu.
Évidemment le signataire ne touchait pas le toit puisque marié et père d'un enfant, il ne possédait alors que 2.300 francs de rentes ; aussi M. de Montalivet se rendit aux raisons exposées et, grâce à son influence, le 4 août 1832 Auguste Romieu était nommé souspréfet de Louhans.