G. Malbert : Voijage autour de Pomaré, Paris
3. Léon Séché : La Jeunesse dorée sous Louis-Philippe, Paris, 1910.
En vout-on quelques strophes?
( i U l TA II E l' U L V N É S 1 !•: N N E AIR DU Fou de Toi ('de.
La Pomai'é sur le pont du navire
Le Basilic De ses deux poings cogne en guise de lyre
Les niAts du hrick.
Uien n'amortit de sa douleur touchante
Le conlre-coup, Kl jour et nuit la pauvre reine chante :
« Huvons un coup ! »
Oh! si j'avais mon roi dans ma cabine
(ju'avec plaisir Pour nie calmer je lui romprais l'échiné^
.Mais VMJn drsir.
Le coiuMiodore est la seul (jui me guette
Vieux cantaloup !
J'en suis réduite i\ casser mou assiette.
Hiivons un coup.
Sais-jo, mon IHcu. si la lace est hargneuse
Ton ne/ camard, Ton ventre cpais et la jambe cagneuse
( ) uinn l'ritchard !
Mais je sais trop «pie Ion u'il louche et tcudn»
.Me suit partout, l'uistpi uu nioNiu, un seul, peut m'en ilefentlre
liiivous un coup !
Tout pille un join-. pour la plage lointaine
Il .s »«sl s.lUNC
Me laissant là comme une Madeleine Sur le pave.
94 lU » M 1 1-: u
Au saint apùlre on voulait comme traître
Serrer le cou, J'en tremble encor... Ilélas ! pour me remettre
Buvons un coup.
Pour égayer mes douloureux sourires
0 diiine anglais U m'a promis qu'avec vingt gros navires
Pleins de boul(4s U reviendrait chasser Bruat l'infâme,
J'y tiens beaucoup ; Mais d'ici-là, que faire, pauvre femme?
Buvons un coup.
Le Irait final qui formait le refrain était digne de rémérite ingurgiteur, mais celui-ci n'allait pas continuer longtemps ses fredaines en compagnie du seigneur Apollon. La malheureuse Pomaré voyait fondre son éphémère royauté et, rongée par la tuherculose, mourait le 8 décembre 1846 dans sa vingt-deuxième année. Je n'ose prétendre que Romieu fut inconsolable de cette affection si brutalement arrachée, parce qu'elle n'était pas la première et qu'il avait allègrement franchi le terme des autres. Ses intimes savaient sa passion infructueusement nourrie pour la vicomtesse Poiloiie de Saint-Mars, plus connue sous le pseudonyme de comtesse Dash.
Enjouée, gracieuse, spirituelle, prompteàlarij)oste, possédant un talent littéraire charmant et facile, cette aimable femme avait ce (ju il fallait pour plaire à l'ancien vaudevilliste, et puis surtout elle était alors la bénéficiaire de son meilleur ami Hoger de Beauvoir. Toujours l'attrait du fruit défendu ! Bien défendu.
car Romieu dut exéculLT une véritable retraite Je Russie. Ne pouvant i:ariler sa peine, il courut la confier au brave Alphonse Karr. Celui-ci fut un peu étonné lorsque, vers deux heures du matin, son ex-confrère du Figaro lit inuption dans sa chambre. « Quavez-vous ? » s'écria-t-il t^n remarquant son air abattu. « Ah! mon cher, je suis désespéré. » Karr, croyant à une plaisanterie, répondit en riant, mais il s'aperçut vite que riiomme le plus gai de France était vraiment désolé. « Je vais tout vous avouer, s'exclama Romieu, puisque c'est pour cela que j'ai traversé Paris. » Il raconta donc son amour pour la comtesse et sa jalousie contre IU»auvoir. D'abord Karr tenta d'entrer avec lui dans son chairrin, [)uis s'eiïorça de l'en faire sortir; certaines |)aroles lui apprirent ((ur le visiteur pitovable avait l'estomac vide ; il devait soup»'r du'/. M""" de Saint-.Mais d c'est en attendant le st'r\ icr (ju'avait eu lira la scène d'attaqut' t't de défense à outrance. « Si nous essav ions (h' iiiani:»'!- qu(d<jue chose? » avança nettement l'auteur des (ji(f'/)rs. « — Ail ! ii«' nir parlez pas «le çà ! » — « Kri«'iii- ! Il faut rcpmidrr des forces pour s'afllii::er. » A la suit»' ih' r«'('h«Mches, on découvrit lo restant d un pâté, du fromage et tleux bouteilles df ('h;un[Kiiiin\ le feu fut ralluint' cl pm à peu l'Iiori/oii s'éclaircil. Une heui"e plus tai'd, Romieu reconnaissait sa faute, riait à gorge déjdoyét» et, îiprès avoir longuement médit des fennnes avec son malin camara<le, repartait consolé . jus(ju au lilas. C(miiiie disait .Malitourne. \)r la reine Pomai»* à la (•i)mtesse Dash, quel «-eart !
(juand ils ont attendu sous l'orme ou brisé leur idole, les amoureux éprouvent souvent le besoin de se retirer sous leur tente à l'instar d'Achille. Pour Romieu, la tente était représentée par les campagnes de la Haute- Marne et les bureaux de sa préfecture oii il tripotait des dossiers et relevait des cotes essentiellement cadastrales, avec de mélancoliques souvenirs parfois. En place de vers légers, de chansons bachiques à destination d'un bas-bleu ou d'une danseuse, il grifïonnait des missives de ce genre : ^
Ghaumont, 4 février 1845,
Mon cher ami,
Avant de rôpondre à votre lettre de sangliers, j'ai voulu tout d'abord en traitant l'afTaire, laisser passer l'époque où je vous ai cru d'autres préoccupations zoologiques dirigées plus spécialement vers le genre chameau, demain mercredi des Cendres, vous aurez sans doute abandonné ces ruminants et vous pourrez mieux m'entendre. Donc j'ai fait rechercher dans tous nos cantonnements forestiers les bêtes disponibles et je n'en ai trouvé qu'une de deux ans, pesant près de 120, pas mal méchante, et d'un assez difficile transport. On me l'offre au prix bizarre de 74 francs. J'attendrai pour conclure ciue vous m'ayez dit quel mode de voyage on pourrait tenter et l'adresse exacte où il faudrait le conduire. S'il s'agissait de sangliers morts, je vous en ferais litière, car nous en sommes soûls en ce moment. Je pars demain pour en assassiner plusieurs et des cerfs par-dessus le marché, si je tire juste. Ce purgatoire des préfets est paradis de chasseurs, mais nous n'avons pas la faiblesse du courre, nous fusillons tout cela comme lapins, et je l'aime autant.
Je n'ai que d'assez mauvaises nouvelles de notre lumière
i . Collection daulographes du comte Aiiard du Gliollet.
anglaise, liaison de plus, disait iioliain. Moins avancé que ce grand philosophe, je me trouve satisfait de Texpérience et ne la veux pas pousser plus loin. On va li(iuidei* les aiïaires de la compagnie pour en faire une nouvelle dont je ne serai certes pas, bien que votre oncle persiste à en être. J'aime mieux m'occuper autrement de la marche des découvertes : aussi allezvous voir dans la Presse un article de moi sur VElat actuel des Sciences physiques. 11 fera peiit-être crier les savants, mais j'ai l'espoir que vous lui donnerez votre approbation.
Bérenger ' ne m'écrit pas depuis quelque temps et j'attribue ce silence aux joies du carnaval. Si vous le rencontrez, demandez lui pour moi l'aumône d'une lettre.
Mettez-moi. je vous prie, aux pieds de Madame votre mère et crovez à mon bien sincère attachement.
A. HOMIEl'.
L'article aiujucl Hoiiiieu fait allusion parut dans la Pressr du 10 février. Il était loni;', un peu pédauU'squt' et légèrement ennuyeux, comme on en [)eul juiitM' par ces quehjues lignes :
« l^e inallienr actuel des sciences est dans l'abus de l'analyse. Celte arme puissante ignorée des Anciens, ce 7iovift)i orr/dfi/nn doinié j)ar Bacon à l'humanilé (jui s'en est servi pour laiil de con(|uèles. es! aujourd'hui runi(|ut' inslriiiiicnl iiilelleci ucl (jn'clle possèile. . (hi anivc à IrouNtT des hmniurr^, des jiaroiKtplitulinai et des soHs-sc/s, à grossit" le iiomlut" iiilerminaMe des pi'oduils ailili<'i«ds de nos laboratoires sur les(ju(ds s'émeul Ions les liuil jouis la dispute acad«''mi(|ue . . on mesure des pouxolis i«''liing(Mils et polarisants, maison n'e\pli(|ue pas «t (j n'est la lumière. On ol)s«'rv«»