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GOURCHAMPS 153
Pierre-Marie-Jean : « Très jeune il avait été
domestique en diverses maisons bretonnes, valet de chambre dans i'émig-ration. Noire Gil Blas (Gil Blas moins riionnùtelé relative du héros de Lesage) revint sous le Consulat un peu décrassé et ayant gagné en pays étranger, par on ne sait (juel charme, les bonnes grâces d'une grande dame dont il était devenu le cavalier servant. » Je n'ai pu vérifier l'exactitude de ces allégations qui me semblent exagérées. Le futur anecdotier avait une douzaine d'années au moment de l'émigration et il ne paraît guère problable qu'à cet âge on lui ait fait quitter la France où aucun danger ne menaçait le jeune lils d'un obscur bourgeois. La protection de la grande dame doit par suite rentrer aussi dans le domaine du léve. Ce (jui est plus certain, c'est que Courchamps le père veillait sur l'avenir de sa [)rogénilure, et lors(jue l'ordre «'ul v\v rrlahli, son amour paternel le lransform;i en solliciteur Le 14 frimaii'c an XI, il «'crivait ' :
rit'-nt'ial PrciniiT Consul.
Ayant chîvi' mes rnlanls de manière (]irils n'ont point trouvé ailleurs des exemples de la pureté des principes que je leur ai ineulfjués, toutes mes leçons sont restées presque sans fruit Mais un regard de bonté de votre part doit les fertiliser. Je vous • lemande. Général Premier Consul, une [)laro dans un bureau j)our laine de mes lils. 11 est la seule ressource «lui me reste.
Sulut et respect, (iénéral Premier Consul.
Cousin dk Coi'hchami>s.
i. Arc/iivts SationaU-s. K'i» Il C Cl.
454 COURCIIAMPS
La réponse donnée à cette recjuete le 3 nivôse suivant fut nés^ative ; mais si le fils ne réussissait pas, le père avait plus de bonheur. Un décret du 27 frimaire an XI nonniiait commissaire de police à Saint- Servan « le citoyen Cousin-Gourchamps ex-assesseur du juge de paix, en remplacement du citoyen Devienne démissionnaire* ». Le nouveau fonctionnaire tint honorablement son office pendant l'Empire et devint en 18 J 2 juî^e de paix dans sa ville natale, poste qu'il conserva jusqu'à sa mort survenue en 1819. Durant ce temps, que faisait Pierre-Marie-Jean, le fils de la modeste famille, celui qu'on devait retrouver au milieu de la haute société parisienne? Malgré mes recherches, il m'est impossible de répondre. J'ignore complètement où végéta le personnage de 1 802 à 1812, elles seules indications que j'ai pu glaner gisent dans les notes ci-dessous -.
En novembre 1813, le baron Pasquier préfet de police, recevait une lettre non signée ({ui contenait ces lignes :
Remiremont.
« Le Gouvernement n'a pas de plus cruel ennemi qu'un nommé Marins de Courchamp, mais pas aussi à craindre pour sa bravoure qu'un nommé de Brichambeau son ami intime... Ce Marius de Courchamp est encore à Melz pour quelques jours d'où