‹ Romieu et CourchampsChapitre 50 sur 54 · Gazelle des Tribunaux, 10 février · texte numérisé non relu

Gazelle des Tribunaux, 10 février

3. Correspondance inédile entre Lamennais et le baron de Vi- Irolles, publiée par L^ugi-ne Forgues. Paris, 1886.

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s'en occupèrent, (juaiil au National (10 février), il décochait ce dernier coup de patle :

« La Presse avait demandé 23.000 francs de dommages-intérêts, l'avocat du roi avait abaissé la somme à 10.000 francs, le tribunal Ta réduite à l.OOO fiancs. 11 a sans doute pensé que la réputation du journal ne valait pas une plus ample compensation, n

Gonnnent les deux adversaires accueillirent-ils le résultat? Courchamps estima que, selon la formule, ce jupjement était une méprise (}ui n'accuse rien si ce n'est l'insuflisance et la faiblesse de la raison humaine. La Presse trouva (jue le tribunal i-e{»résentait écjuitablement la justice du [)ays. Elle avait raison.

Cette aventure du ]'(il funrstc fut un rude coup pour son auteur. Les gens de lettres lui faisaient grise mine, les gens du moîule le lâchaient peu à peu, il crut j)OUVoir remonter sur sa béte grâce à une nouvelle production. Le 2\) septembre 1812 la Mode annonçait :

« Nous publierons prochainement des Soi/rr/iirs de la l{cstauralio)i et de F usurjuition, ou\ rage dt-di»* à M""" la duchesse de Ih'iTv, pai* le comte de (Inur champs. »

Marins ne man(juait pas d'aidonih. Le Corsaire fulmina : i^lll oclcdne IS \'2 .

a IjC cél(d)i"e auleui- du lioji celihre leuillelon uUiluh' : le \'(ii /iiitt'slr, appelt', je ne sais pouitjuoi, comte de Courchamps. pai- la Modr, \ienl de repal'aîti'e à l'hoiT/on lilliTaii'e ;

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Tremblons! de son tombeau

De Courcbamps sort armé d'un Val-Volé nouveau

« 11 faut l'y faire rentrer ! De pareils morts sont de trop mauvaise compagnie. )>

Le journal exposait quelques énormités des lettres authentiques publiées par Courcbamps, entre autres une page de Saint-Simon citant le 4 frimaire an II, Orléans-Égalité comme devant participer à une opération, or Égalité était mort dix-buit jours auparavant. Après avoir roulé le faux historien dans ses erreurs, le Corsaire terminait ainsi :

« La cause est entendue.

« Considérant que — et que — et puis encore que — par toutes ces raisons :

« Nous défendons à la Mode, sous peine de ridicule, de publier les nouveaux souvenirs du personnage connu sous le nom de De Courchamps. Qu'elle les paie, si elle veut faire l'aumône à un plagiaire ; mais qu'elle ne les publie pas, il y va de son honneur.

« De Courcbamps ne saurait signer où l'on signe : Nettement. »

La menace était dirigée si droit que la Mode ne poussa pas plus loin sa tentative. De son côté, M. le comte resta muet et fit le gros dos, mais Taverse ne venait pas seule. Une autre affaire désagréable tombait encore sur lui.

Le 18 novembre 1838, il avait conclu avec les libraires Meyer et Pion un traité par lequel il s'engageait à continuer les Lettres édifiantes parues déjà en 34 volumes, puis en 26 volumes in-12 '. Ce com-

1. Lettres édi pailles et curieuses, écrites des Missioîis étrangères

plément devait être fabriqué tant avec les documents déjà publiés qu'avec ceux inédits que Courcbamps s'était procurés, soit de la Société pour la Propagation de la Foi, soit des missionnaires de Rome et de France. L'association Meyer-Plon payait ce Iravail 10.000 francs dont 2. 000 francs furent iimnédialement versés. On acbeta 3.o00 rames de papier, on conimenra la composition, lorsque le 19 janvier 1839 figura dans le Journal de la Librairie le mot suivant :

Au rédacteur,

Ayant lu l'annonce d'une nouvelle collection des Lettres édiftanles à la suite desquelles les édileurs assurent qu'ils auront la faculté de reproduire toutes les relations insérées dans les Annales de la Propagation de la Foi, comme rédacteur et éditeur desdiles Annales, je déclare n'avoir donné et n'être dans l'intention de donner aucun pouvoir de ce genre a qui que ce soit.

Vivement pressé de s'ex[)li(juer, Courcliamps avoua

qu'il n'avait (ju'une autorisation vribalt» d'un

M. Clioiselal ! Kelancé aussilol, (M'iui-ci proh'sla iit'ii avoir accordé aucune. On susprndil !«' tia\ail, on négocia, on lit (b*s ciuiutMes, bief .M«'\«'r ri Pion «'(IVavés à juste litre, léelaïuèrent raïuuilatioii tlii conli-at. la i-esl ilulioii des 12.1)11(1 IVaiics \ersés, 2.0.")0 francs coniine j)ri\ des leuilles composées, enlin :2.(I(H) francs (rindeiiunh' poui" rujilure de niar-

f)iir i/uclques missionnaires de la Compagnie de Jésus irocxivxWics par les PP. Charles le (Johi.Mi. J.-H. du llaldo. N.-L Injjoult. A -J. de Neuville. Louis l'atouillrt et aulrrs). Paris, 1707- 1776. 34 vol. in-!i : nouvclh» i-dilion. Paris, 1780, 26 vol. in-lï ; autre édition, Paris, 1S:'.S.1S43. 4 vol in-S».

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ché. Courchamps répondit par une demande reconventionnelle en résiliation de traité, restitution de quatre volumes de copie, interdiction de les publier et condamnation à l.OOO francs de dédommagements. Il trouva moyen de si bien embrouiller les choses que le tribunal renvoya les deux parties dos à dos. Mais l'affaire revint devant la justice au mois de novembre 1841 en même temps que celle du Va funeste. Dans l'une comme dans l'autre le même système de défense prévalut, car Cliaix d'Est-Ange expliqua : « M. de Courchamps est en proie à une paralysie qui lui laisse à peine la faculté d'articuler quelques mots ! » Il ajouta spécieusement que si son client n'avait pas eu le droit à'éjmiser les documents ou d'en ahi(sei\ il avait eu celui de puiser et à'user. Troublée par ces finasseries d'avocat, Themis confirma le jugement précédent ^

« Maintenant nous sommes libres î » s'écrièrent Meyer et Pion. « Oh! pardon, riposta Courchamps, le tribunal reconnaît que j'ai été autorisé à puiser dans les Annales de la Propagation de la Foi les matériaux nécessaires à mon travail des Lettres édifiantes que vous m'avez commandé, donc prenez ces huit volumes manuscrits. » Faite le 13 octobre 1842, cette proposition n'eut aucun succès auprès des éditeurs. Ils refusèrent net. Aussitôt le plaideur les assigna en validité d'offres et en paiement de 3.000 francs. L'affaire traîna pendant deux ans ; c'est

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