‹ Ronces et lierresChapitre 21 sur 41 · POU R L ARBRE · texte numérisé non relu

POU R L ARBRE

Il leur inspirerait un respect grave et tendre Pour la Forêt, la grande aïeule dont les bras, Sur rhoinme faible et nu, daignent toujours se tendre Pour l'abriter, pour le nourrir, pour le défendre, Et l'endormir quand il est las;

Il les enchaînerait par mille intimes chaînes A l'Arbre patriarche, à l'Arbre fraternel; Si bien qu'expatriés aux casernes lointaines Ils songeraient, la nuit, aux cimes de leurs chênes Ondulant en signe d'appel,

Et, sitôt libérés, retourneraient vers elles Et vers le toit qu'elles protègent des grands vents, Retrouver leurs amours sous leurs ombres fidèles. Puis sèmeraient des glands pour des forêts nouvelles Que verraient croître leurs enfants.

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kA E. Vida.

ON abattit d'abord les chênes et les hêtres, Puis les frênes et les noyers; Et voici qu'à leur tour nos vastes châtaigniers,

Qui ressemblaient à des ancêtres, Sont proscrits, arrachés, emportés et broyés...

Ils s'accrochaient et s'arc-boutaient le long des pentes

Ou la vigne ne monte pas. Couvraient les mamelons de hautaines charpentes

Et de ramures retombantes, Leur cime au ciel, leurs fruits sous notre main, en bas.

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