‹ Ronsard considere comme imitateur d'Homere et de PindareChapitre 12 sur 18 · Édition, posthumes · texte numérisé non relu

Édition, posthumes

1586-7. Les Œuvres en dix tomes. (Je n'en connais que trois tomes dépareillés.) Paris. G. Buon. 5 vol. in-16. « Par grâce et privilège du Roy. il est permis à M. Jean Galandius. Principal du collège de Boncourt. de choisir et eslirc tel libraire que bon luy semblera pour imprimer ou faire imprimer les Œuvres de Pierre de Ronsard . gentilhomme vandomois , reveues. corrigées et augmentées par l'autheur peu avant son tresjms, et mises en leur ordre suyvant ses mémoires et copies... » Le iome VJ était imprimé le 20 novembre, et le lome II le -M décembre 1580; l'édilion ne fut complète qn'en 1787. Elle ajoute

aux œuvres déjà connues un assez grand nombre de pièces nouvelles . notamment, toutes les pièces mises en tète de chaque recueil, et où Ronsard eu explique le titre et donne les règles du genre , plusieurs sonnets à Hélène, la préface de la Franriadc, X Hymne à Mercure, etc.

1 592-1 G."0. — Les éditions qui suivirent (Lyon. Soubras. l.*>92 ; Paris. Buon . 1597; ibid. 1601. toutes trois en dix tomes in-12; ibid. 1609. in-fol.: B. Macé. 1617. dix tomes in-12 ; Buon. 1625. deux vol. in-fol.; Hénault, puis Thiboust. 1629-00, dix tomes in-12). n'eurent qu'à reproduire l'édition donnée par Galland. Elles ajoutent cependant aux commentaires de Muret et de Belleau des commentaires nouveaux de Besly. lejurisconsulte.de Marcassus. et surtout de Nicolas Richclet. avocat au Parlement, et père du célèbre grammairien. Les notes prolixes dont ce dernier accompagna les sonne/* pour Hélène et les cinq livres d'Odes sont fidèlement reproduites dans toutes les éditions, à partir de 1601. Il est souvent utile de les consulter.

Quant au texte môme, les plus récentes de ces éditions ont le mérite de contenir quelques poésies qui n'avaient été publiées ni par Ronsard, ni par Galland. et un bien plus grand nombre de pièces et de fragments, que Ronsard avait (comme le dit l'éditeur de 1609) « pour certaine considération particulière retranchez à diverses fois, • et qui ne figurent pas dans les éditions de 1581 et de 1;>87. Par respect pour la mémoire du poète, les éditeurs ont eu la discrétion de mettre ce recueil des pièces retranchées « séparément en la fin des œuvres de sa dernière correction . et sans les y mcsler en aucune façon, t II est ainsi facile de voir combien Ronsard était sévère pour lui-même. C'est parmi les pièces condamnées que if. Sainte-Beuve a retrouvé ces jolis vers à l'Alouette ;

T'oseroit bien quelque poète Nier des vers , douce alouette ?

au Rossignol :

(Jentil rossignol passager...

et V Amour oyscau , et jusqu'à ce charmant sonnet :

Je vous envoyé un Inuquet que ma main Vient de trier de ces fleurs épanies...

Le temps s'en-va . le temps s'en-va , ma Dame : Las! le temps non, mais nous nous en-allons...

La plus belle de ces éditions posthumes est assurément celle de de 102ô, dont M. de Sainte-Beuve a encore augmenté le prix par ce

qu'il en dit dans son livre et l'usage qu'il en a fait. Celle de 1629-50. a laquelle je renvoie toutes les fois que je ne puis plus vérifier mes citations dans les éditions originales, a le mérite d'être la dernière ; aussi est-elle à-peu-près complète ; mais elle est publiée sans luxe et assez, incorrecte. Il faut se dire que le premier volume porte la même date que Méhte; .Malherbe vient de mourir, mais Boileau va naître ; désormais, on n'achètera plus les œuvres de Ronsard ; on ne les lira plus guère ; c'est la dernière fois qu'on les imprime : encore le fait-on avec peu de soin.

Bien que le recueil des Pièces retranchées, mis à la lin de ces deux éditions, soit tres-considérable , il n'est pas complet, et ne dispense pas de recourir à un petit volume de date antérieure, que Brunei signale et qui est assez rare :

« Recueil des sonnets, odes, hymnes, élégies et autres pièces retranchées aux éditions précédentes des œuvres de Pierre de Ronsard , gentilhomme vandomois. avec quelques autres non imprimées cy-devant. Paris, N. Buon, 161", in-16. •

M. Sainte-Beuve y aura trouvé, sans doute, le sonnet à Daurat et le fragment qui terminent son édition des Œuvres choisies. Un certain nombre d'autres pièces n'ont pas été réimprimées dans l'édition de 1630. D'autres enfin l'ont été sans le litre et la dédicace, qui ont quelquefois la valeur d'un renseignement historique.

Plusieurs de ces pièces étaient réellement, selon la promesse de l'éditeur, publiées pour la première fois : ainsi, tel sonnet à Hélène , dans lequel Ronsard nous apprend que sa maitresse avait passé une partie de sa jeunesse en Piémont, sans doute auprès de Marguerite de France; et un fragment de la traduction de Plutus* (l'acte I, en 520 vers, et les 44 premiers vers de l'acte H). L'éditeur rappelle que cette comédie • n'a jamais esté mise sur la presse . ■ et ajoute < que ce fragment a esté recouvré par le moyen de quelques-uns, comme plusieurs autres pièces qui sont en ce recueil. »

Quoique le témoignage de quelques-uns ne puisse jamais inspirer une confiance bien grande, nous n'avons aucune raison de douter de l'authenticité de ce fragment. Il a tout au moins . comme la Médée de Lazare de Baïf (1530). l'intérêt d'une date (1545). Il est écrit en vers de dix syllabes, mètre qui convient mieux à la comédie qu'au poème épique, et la forme du dialogue y est assez vive. Je dois faire en passant cette remarque, que la traduction n'a rien de servile. Toutes les fois qu'un trait comique paraîtrait suranné . obscur, Ronsard ne se fait point faute, comme Racine, Molière, Regnard. lorsqu'ils tradui-

ront Aristophane oit Piaule . d'y substituer quelque plaisanterie analogue . plus facile à comprendre pour les spectateurs ; Carion n'éprouve aucun embarras à parler des marchands de Venise . du Grand-Turc . de frère Frappart et du clergé, de bien autre chose encore.

Parmi les pièces empruntées par cette seule édition aux éditions originales, la plus intéressante est la double préface qui avait été mise en tète de la première édition des odes. Celte préface et l'épître au lecteur de la Franciade, de 1572, complètent la Poétique de Ronsard, que nous avons trouvée éparse dans l'Art poétique de 1575, dans les pièces posthumes placées depuis 1587 en tète de chaque partie du recueil des œuvres, dans la préface, posthume aussi, de la Franexade, et, çà et là. dans ses poésies. A ce titre, ces deux morceaux méritent d'être plus connus . et trouveront naturellement leur place dans une étude consacrée, non-seulement à la poétique de Ronsard en général, mais, d'une manière plus spéciale, à ses essais dans le genre épique et lyrique. On ne peut guère renvoyer au texte qui est devenu très-rare \ une analyse n'en donnerait qu'une idée très-imparfaite . et je me suis décidé à les réimprimer.

J'ai cité dans l avant-propos de cette étude les quatre éditions partielles publiées depuis 1821.

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