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AMIS DE RONSARD EN PIEMONT

plus facilement les labeurs qu’il a jusqu’ici ertrepris au profit et honneur de toute la France ’» .

A Turin vecut pres de Marguerite, au moins un temps et en qualite de chancelier, Michel de l’Hospital. Ouelques annees auparavant il s etait, lui aussi, constitue le champion de Ronsard attaque par des poetes envieux ; le chef de la Pleiade lui dedia une ode pindarique qu’il faut rapprocher de la piece latine on l'Hospital adjure les contemporains de reconnaitre le rare merite de ce grand artiste

Nous trouvons en Piemont un autre personnage qui etait tout a la fois un des serviteurs les plus devoues de Marguerite et un des meilleurs amis de la Pleiade: Jerome de la Rovere, d’aborcl eveque de Toulon, puis archeveque de Turin. C’est a lui qu’en i56o, Ronsard avait adresse le poeme intitule « La vertu amoureuse 1 2 3».

Nommons aussi Jacques Peletier, Claude Buttet, Jean Grangier, Pierre Demay. Peletier sejourna trois annees a Annecy, ou il puhlia, en 1572, son poeme La Savoie, dedie a Marguerite \ Or, on n’ignore pas quels liens l’unissaient a Ronsard. Il le connaissait depuis 1543 et avait requ de lui une marque singuliere d’estime. Pour reagir contre l’invasion d’imitateurs mediocres risquant de compromettre le renom de son ecole, Ronsard s’etait, des i553, decide a distinguer, dans sa Brigade, une elite de sept etoiles. Il en remania la composition en 1 554, puis en 1 555, annee

1 Sr.r les relations de Grevin avec Ronsard, y Pinvert, Jacques Grevin, pp. 27, 69, 320 suiv., 335, — Binet, Vie de Ronsard, p. 217.

2 Voir, outre l’etude de Roger Peyre citee plus haut, P. de Noliiac, Documents nouveaux sur la Pleiade : Ronsard, du Bellay (Revue d’hisloire litteraire de la France, 1899).

3 Ronsard, CEuvres, t. Ill, pp. 335-343 ; t. VII, p. 385.

* Clement Juge, Jacques Peletier du Mans, chap. III.

ou, voulant y faire entrer Jacques Peletier, apres la publication de VArt poetique (juin 1 555), il lui sacrifia Des Autels, dont pourtant il prisait fort les merites l. Ce sont la des titres que ne pouvaient invoquer ni le lorrain Jean G rangier ni le poitevin Pierre Demay. Us n’en tenaient pas moins a se donner pour des disciples de Ronsard et a jeter ainsi un peu. de lustre sur leur obscurite.

En 1 567 et i568, le bapteme du prince Charles-Emmanuel, fils de la duchesse, leur inspira des ouvrages ou Ronsard n’est pas oublie. Dans une pastorale melee de prose et de vers, Grangier se represente Perot, le « gentil pasteur vendomois, au temps que, vagabond et soupirant sur la rive de son Loir, il entonnoit la cruaute de sa Cassandre». Il cite, en outre, des vers choisis parmi ceux que le grand poete a composes en l'honneur de Marguerite \ De son cote, Demay evoque, en une eglogue de ses Triomphcs, les heures A^ecues aux cotes du meme Perot, et se rememore les vers qu'il l’a « ouy chanter 3».

Le Savoyard Buttet avait ete, a Paris, leleve et peut-etre meme le pensionnaire de Dorat; membre de la « Brigade », premiere forme de la Pleiade, il etait reste en relations cordiales avec son ancien maitre et aussi avec Baif, du Bellay Belleau, Peletier,

' Binet, Vie de Ronsard, p. 223.

"Pastorales sur le Baptesinc de Monseigneur Charles Emanuel, Prince de Piedmont. Par J. Grangier Imprime a Chamberi, 1568. Cite par F. Neri, Il Chiabrera c la Pleiade franccsc, p. 34, n. 1.

* Les triomphcs du Baptcsme de tres ilustre Seigneur Monseigneur Charles Emanuel, Prince de Piemont : en Eglogucs, Odes et Sonnets, zrrs Latins, It aliens et Frangais avec annotations, par Pierre Demay de Chastcllcraud en Poictou Secreterre de Monsieur le President Depurpurat Seneschal de Saluces. A Paris, 1567. Cite par F. Neri, II Chiabrera, p. 33, n. x. Il en existe un exemplaire a la bibliotheque royale de Turin.

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