‹ Ronsard en ItalieChapitre 19 sur 113 · ADMIRATEURS DE RONSARD EN PIEMONT · texte numérisé non relu

ADMIRATEURS DE RONSARD EN PIEMONT

Ronsard lui-meme, qtril celebre plusieurs fois et qui, de son cote, lui adressa une des poesies comprises dans le deuxieme livre des 'Amours1. Ailleurs, consacrant un poeme a Marguerite, Buttet imagine une sorte de revue des rois de France 2. Le premier cite est le fils d’Hector, Francion, le Francus de Ronsard. C’est l’occasion pour Buttet de payer un tribut d’eloges au maitre qui composait alors la Franciadc. Le montrant du doigt, il dit a la muse :

Et qui est cellui qui travaille Assis, un blanc papier tragant Ravi de si haute merveille,

Ombrage l’une et l’autre oreille D’un lorier tousjours verdissant?

La muse repond, designant Ronsard sous le nom de Terpandre, comme le faisaient couramment les poetes de la Brigade :

Enfant, n’en tasche plus entendre,

C’est Terpandre Qui Homere deplacera Et bien tot te lairra sa Lyre Fesant bruire

La trompe qu’il empoignera.

L’epopee que Buttet annoncait si pompeusement ne fut, on le sait, jamais finie. Les quatre premiers livres. les seuls qui aient

1 Franqois Mugnier, Marc-Claude de Buttet, pocte savoisicn. Notice sur sa vie, ses oeuvres poetiques et en prose franqaise et sur ses amis, p. 23, 48, 142, 149.

,s Ode d Madame Marguerite de France, duchesse de Savoie, par Marc Claude Buttet Savoisien (poeme inedit publie par A. Dufour et F. Rabut dans Memo ires et Documents publics par la Societe Savoisicnnc d’Histoire et d' 'Archcologic, t. XIX, Chambery, 1880).

jamais vu le jour, parurent, a Paris, en 1572 et en 1573. Mais, a Turin, fut publiee la troisieme edition, en 1574 \ Mentionnons qu’en cette ville existaient, jusqu’en ces dernieres annees, deux manuscrits aujourd'hui detruits, contenant le texte, l’un du troisieme livre de la Franciade, l’autre du quatrieme ",

Nous avons naguere rencontre Brantome, lui aussi, a la cour de Turin. II avait auparavant sejourne a Venire. II y rencontra, vers la fin de 1666 ou le debut de 1 667, certain diplomate italien, dont il nous parle en ces termes: « Moy estant un jour a Ventee chez un des principaux imprimeurs, ainsy que je lui demandois un Petrarque en grosse lettre, grand volume et commente, il y eut un grand magnifique pres de moy, s’amusant a lire quelque livre, qui, m’oyant, il me diet, moitie en italien, moitie en assez bon frangais, car il avoit este autresfois ambassadeur en France: « Mon gentilhomme, je nvestonne comment vous estes curieux venir chercher un Petrarque parmy nous, puisque vous en avez pn en vostre France, plus excellent deux f< is que le nostre, qu’est M. de Ronsard. » Et la dessus se mit a l’exalter par dessus tous les poetes qu’il avoit jamais leu, et m'ent retint tout un long temps, non seulement de ce subject, mais de plusieurs autres

1 Les quatre premiers Hvres de la Franciade, Au Roy treschrestien Charles neufiesme de ce nom. Par Pierre de Ronsard, gentilhomme Vandomois, Turin, Jean-Frangois Pico, in-16. — Bib. nat. Res. Ye 4763. (cf. Laumonier, Tableau chronologique des oeuvres de Ronsard, p. 50, n. 4. — Ronsard, t. VIII, p. 295 et l’Appendice a la fin de notre livre).

2 Voir Faral, Sur deux manuscrits du livre II de la « Franciade », ( Revue d’hist. lift, de la France, t. XVII, . p. 689). — F. Neri, Il Chiabrera e la Pleiadc franccse, p. 139, n. ).

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