‹ Ronsard en ItalieChapitre 25 sur 113 · GIAN VINCENZO PINELLI · texte numérisé non relu

GIAN VINCENZO PINELLI

de plus en plus completes ou conformes aux intentions changeantes de l’auteur. Pinelli se tient au courant. II sait qu’il en a paru une in-folio en 1584. Coute-t-elle plus ou moins cher que celle de i56o en trois volumes in-16 relies dune certaine faqon? On lui repond qu’elle se paye « uno scudo testoni venti », tandis que l'autre se vendait « uno scudo testoni dieci J» . II commande l’in-folio. Mais il ignore qu’il existe une edition plus recente encore, celle de 1587, en dix tomes : c’est elle qu’on lui envoie \

1586 citee plus loin, dans ce sens que Pinelli connaissait, parce qu’il la possedait, l'edition suivante de Ronsard, laquelle nous semble correspondre au signalement donne par Corbinelli : Les CEuvres de P. Ronsard gentilhomme Vandomois. Paris, Gabriel Buon, 4 tomes en 3 volumes in-16 ( cf.. Ronsard, CEuvres, ed. Laumonier, t. VIII, p. 293). Voici la lettre en question : « Quanto a’tre volumi in-160 del Ronsardo legato come dice V. S. si son venduti uno scudo testoni 20 » (Tcxte reproduit par Rita Calderini De March!, Jacopo Corbinelli, p. 91).

1 Voir la lettre citee dans la note precedente.

Dans le Vocabolario italiano della lingua parlata de Rigutini et Fanfani 31' migliaio, Firenze, Barbera, on lit a la p. 1218 : Tcstone fu nome di una moneta toscana del valore di tre paoli, ossia una lira e 68 centesimi ». A la p. 1194, les memes auteurs disent que le scudo valait cinq lires 88 centimes. Ce sont la sans doute, des evaluations de caractere tres variable selon les moments ou 1’on considere ces monnaies.

2Le 22 janvier 1588, Claude Dupuy ecrit, de Paris, a Pinelli : « Je vous ai envoye les ceuvres de Ronsard de la derniere impression qui est in-120 et non in-f° comme portoit vostre meinoire. Celles in-f° furent imprimees du vivant de Ronsard en l’an 1583 ou 84; ces dernieres furent faictes l’annee passee seulement ; comme elles avoient ete reveues, corrigees et augmntees par l’auteur peu avant son trespas, ainsi qu’il est t6tnoigne par l’intitulation et la verite est telle. Toutesfois j’aimerois beaucoup mieux les premieres editions que ces derniers, esquclles il a tout gaste selon mon jugement, aiant oste plusieurs belles pieces et change les plus beaus et hardis traits des autres, de maniere qu’on n’y recognoist quasi plus ce grand Ronsard, qui a mis notre poesie framjaise au parangon de la grec-

Outre les iceuvres de Ronsard, Pinelli a sur ses rayons, certains livres publics a Paris et ou 'Ion discerne nettement a quelle hauteur les Francais mettent leur grand compatriote. II recoit notamment, par l’intermediaire de Corbinelli, la Precedence d’Henri Estienne \ Ronsard y est nomme quatre fois avec honneur et cite trois fois * 1 2 3.

D ’autre part, Pinelli peut lire, sur la Pleiade, une page importante de Claude Fauchet dans le Rccueil de Vorigine de la langue Frangoise \ C’est l’auteur lui-meme qui fait hommage de son traite a Pinelli. II a peut-etre connu cet erudit en personne, a

que et romaine ». (Cod. Ambrosiano T. 167 Supl.). Texte reprodwit par Giulio Bertoni, Giovanni Maria Barbieri e gli studi romanzi nel sec. XVI, pp. 48-49-

1Voir les lettres de Corbinelli relatives a la Precedence, dans R. Calderini De-Marchi, Jacopo Corbinelli, p. 115 suiv.

2La Precedence, imprimee avec des notes, une grammaire et un glossaire, par E. Huguet, Paris, 1896, pp. 48, 51, 54, 299..

3 Le titre complet de l’ouvrage est Recneil de Vorigine de la langue, poesie Frangoise, ryme et romans plus les noms et sommaires des oeuvres de C XXV II Poetes Frangois vivans avant l’ An MCCC. Nous avons sous les yeux la reedition publiee a Paris, par David Le Clerc, en MDCX Voici la page en question. Elle se trouve au chap. V oil Fauchet etablit « que la langue frangoise a este cogneue, prisee et parlee de plus de gens qu’elle n’est a present ». « II y avait done, dit-il, plus de gens qui faisoient (autrefois) compte de nostre langue quaujourd’huy. Toutesfois j’estime que si les hommes doctes continuent a escrire leurs conceptions en nostre langue vulgaire, que cela pourra nous rendre l’honneur perdu, l’enrichissant tous les jours par tant de fidelles translations de Livres Giecs et Latins : mais plus (a mon advis) par tant de sgavans personnages, qui employent les forces de leur vif esprit a ^augmentation de la Poesie Frangoise. Laquelle ils vont tous les jours eslevant si haut qu’il y a esperance, puis que ja ils ont passe tous ceux qui depuis le temps d’Auguste, ont escrit en vers (je n’excepte les Italiens, et encore moins les Espagnols,) que nostre langue sera recherchee par les autres nations, autant qu’elle fut jamais. Car si

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