LIVRES FRAN QMS VANTANT RONSARD
Combien de Franqais, depuis la moitie du xvie siecle, allaient eerivant que, sans doute, la poesie franqaise etait fort longtemps restee en enfance, mais que, sortie enfin de page, elle s’egalait non seulement a l’italienne, mais a la grecque et a la latine, grace a Ronsard et a son ecole !
Les relations entre les deux pays etaient trop frequentes pour que ces pretentions fussent ignorees dans la Peninsule.
Voir sur lui E. Picot, Les Frangais italiamsants, t. II, pp. 193 et suiv.
Quant a la Croix du Maine, nous voyons qu'il etait connu du jesuite
Antoine Posscvino qui lc cite et rcnvoie a sa Bibliothcquc en tcrmes
curieux : « Inter Gallos item fucre Bayfius, et ceteri, quorum mentio ctsi facta est ab co, qui Gallorum Auctorum Bibliothecam contexuit, tamen quoniam haereticos cum Catholicis commiscuit, idcirco suaserim, ne quis facile inescari se sinat eoruin lectione, ni prius consilium, et ductum sccutus pii alicujus ac perspicacis Tbeologi, mox ab Episcopo, et Inquisitoribus facultatem acceperit ». Pp. 224-225 de Antonio Possevini Tractatus de Focsi et Pictura ethnica, Humana,, ct fabulosa collata cum vcra, honest a ct sacra, Lugduni, 1594.
Pour la fortune du Recueil de Claude Faucliet en Italie, cf. Sperone
Speroni, Opcre, t. V, p. 370, — T. Tasso, Opere, t. X, pp. 166-167, (dans
le Parerc di F. Patrizi in difesa di L. Ariosto ) et p. 213 (dans Trimerone), t. XXIII, pp. 92 et suiv., — V. Crescini, Per gli studi romanzi, pp. 182-184.
Lc 18 octobrc 1609, Paolo Sarpi ecrit de Venise : <t Gli esemplari di questa storia che vengono qui, sono letti avidamente, tenuti et venduti pubblicamcnte Mais, ajoute-t-il, on ne pourrait reimprimer l’ouvrage en Italic, l'autorite religieuse ne le permettrait pas ( Scelte lettere inedite di Fra Paolo Sarpi, p. 140). II s’agit des Histoires de J. A. Thou.
Dans les Rcchcrches dc la France (Paris, 1617), livre VI, chap. VII (publie des 1611), Estienne Pasquicr dit, a la p. 746: « Jamais Poete n’escrivit tant comme luy... En quelque espece de poesie ou il ait applique son esprit, en imitant les anciens, il les a surmontez, ou pour le moins egalez. Car quant a tous les Poetes qui ont escrit en leurs vulgaires, il n’a point son pareil... Petrarquc n’escrivit qu’en un sujet, et cestuy en une infinite. Il a en nostre languc represente uns (sic) Homere, Pindare, Theocrite, Virgile, Catulle, Horace, Petrarquc >.
Ainsi les livres franqais concouraient, avec les voyageurs francais et italiens, a repandre le nom de Ronsard.
Mais Ronsard ne compta certainement pas on Italic d'avocat ni plus devoue, ni plus competent, ni plus persuasif que Marc- Antoine Muret. C’est a Venise que cet humaniste chercha d’abord un refuge, lorsqu’en 1 553, il fut oblige de quitter la France. Apres examen, il obtint, dans la glorieuse cite, une chaire qu’il abandonna en 1 558, pour passer a Padoue et de la a Rome. Or Muret etait le parent de Dorat et des liens etroits 1’unissaient a Ronsard. II admirait en ce poete un grand artiste qu’il avait contribue a former et a faire connaitre, un coeur noble qui savait le payer de gratitude. Precisons.
En avril 1 553, Ronsard publia un recueil de vers intitule Livret de Folastries... plus quelques epigrammes green et des Dithyrambes chantes ctu bouc de E. Jodelle poete tragiq. Or, croyons-en M- Laumonier, c’est dans l’ceuvre de Catulle que Ronsard a pris l’idee des Folastreries proprement dites, « et tres probablement aux conferences que fit Muret, l’annee precedente, sur ce poete, sur ses modeles alexandrins et ses imitateurs neo-latins, dont on trouve de multiples echos dans les Juvenilia de cet humaniste publies au mois de decembre i552 » . Quant aux quelques epigrammes green , ce sont des pieces tirees de YAnthologie que Ronsard, on a toute raison de le croire, avait connue grace a son docte ami.
Dans la Prccfatio des Juvenilia (i552) se lit un passage extremement flatteur pour Ronsard *; le corps lui-meme de 1’ouvrage
1 Marc-Antoine Muret, dans la Praefalio ad Janum Brinonem, mise en tete de ses Juvenilia et datee de « Lutetise. 8. Calend. Decemb 1552, dit : « Saepenumero sum admiratus quo tandem fato contigerit, ut cum