‹ Ronsard en ItalieChapitre 28 sur 113 · MURET EN ITALIE · texte numérisé non relu

MURET EN ITALIE

contient une ode dont le developpement correspond a la magnificence du titre Ad P. Ronsardum Gallic ovum poetarum facile principem.

Enfin pen de mois avant son depart pour l’ltalie, Muret donnait a Ronsard la plus haute marque d’estime dont disposat un humaniste : traitant les Amours comme un texte de la venerable antiquite, il en publiait un commentaire. En rnerne temps, il figurait parmi les compositeurs qui- adapterent a quelques poemes de Ronsard d’agreables airs musicaux.

En echange, Ronsard adressait a Muret une elegie publiee, pour la premiere fois, en 1 553 5 ^ lui avait deja dedie, la meme annee, les epigrammes imprimees avec le Livret de Folastreries et le poeme intitule Les isles fortunees, ou Muret est pris pour guide de la jeune ecole, au pays du bonheur.

Apres la separation de 1 553, ^es deux ecrivains ne se revirent plus qu'en i56i-i563, lorsque l’exile. s’eloignant de Rome plus d’une annee, revint a Paris, avant de regagner pour toujours ITtalie. Mais leur amitie sut resister au temps et a l’absence. D'abord, les iceuvres de Ronsard le representaient, pour ainsi dire, aupres de Muret. Le grand humaniste (qui pent en douter ?)

e Gallia nostra pene innumerabiles extiterint in omni genere sdentiss praestantes viri, poetarum tamen magna semper a nobis fuerit inopia laboratum... Qui se vernaculo nostro sermone poetas perhiberi volebant, perdiu ea scripsere, qua delectare modo ociosas mulierculas, non etiam eruditorum hominum studia tenere possent. Primus, ut arbitror, Petrus Ronsardus, cum se eruditissimo viro Joanni Aurato in disciplina dedisset, eoque duce, veterutn utriusque linguae poetarum scripta, multa et diligenti lectione trivisset, transmarinis illis opibus sua scripta exornare aggressus est : cujus postea exemplum insecuti J. Antonius Baifius, I. Bellaius, aliique permulti, brevi tempore tantos fecere progressus, ut res vel ad summum pervenisse jam, vel certe baud ita multo post perventura esse videatur.»

les possedait. A la bibliotheque Vittorio Emanuele de Rome se trouve son propre exemplaire de la deuxieme edition rarissime des Quatre premiers livres des Odes. Elle avait paru aux environs de mars 1 553- Muret dut l’emporter, quand il quitta la France. II avait, 'sans doute, fait aussi tine place dans ses bagages aux Amours commcntecs par lui et aux Amours suivies d’un supplement musical, auquel il avait collabore. D’autre part, le 2 novembre 1572, il ecrivait a un ami de Paris : « J ’attends les livres de Ronsard. » allusion, aux quatre premiers livres de la Franciade qu’on acheva d’imprimer, la meme annee, le 13 septembre. Il les regut bientot, nous en avons la preuve. Enfin, on le sait, dans les CEuvres de Ronsard parues en 1578, les E pita plies sont dediees a Muret : on admettra difficilement qu’il n’ait pas possede cette edition si flatteuse pour son amour-propre.

D’autres temoignages nous attestent la fidelite de Ronsard et de Muret l’un a l’autre. Vers i566, Ronsard faisaiL un grand eloge de son ami dans une lettre a Passerat. De son cote Muret a commente nombre des pieces de Ronsard posterieuies a i553. Ajoutons que, le 2 novembre 1572, il ecrivait a un avocat de Paris : « Si vous voies Monsieur de Ronsard, recommandes moi a ses bonnes graces, et faittes lui en part. » En i58i, il adressait a l’ambassadeur de la Roche-Posay rappele en Prance cette recommandation pressante : « Je vous supplie, quand vous verrez M. d’Aurat, que vous lui fassiez foi que je‘ 1’aymc et honore a bon escient, et de meme a M. Cujas, a M. de la Scale (Joseph Scaliger), au grand Ronsard, a tout le choeur des Muses : encore que le seul nom de Ronsard embrasse toutes les Muses et toutes les graces qui furent onques au monde ’. »

1 Ch. Detoh, Marc- Antoine Muret, pp. 2 2, 23, 25, 26. 28, 75, no, 116, 153, 160, 1 66, 300, — P. Laumonier, Ronsard, poctc lyrique, pp. 67, 69,

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