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s’e il noine tuo si chiaro effuso

Da la Garonna al Reno,

Da l’Oceano all’Alpe

E da l’lbero a Calpe

Oltre ad Emo ed Olimpo al Gange in seno !

Tu, come il Po di cento Fiumi, correndo, oscura

Il nome, hai con la pura Tua penna di mille altre il grido spento.

Odi xxvin di Bartolommeo Del Bene, ode 14.

* Jacobi Gabbi, Adlocutioncs et elogia excmplaria, cabalistica oratorio, sepulcraria, Florcntice, 1636, p. 83. Gaddi dit en outre : « Petro

BOCCALIRI ET RONSARD

et le temple des neufs soeurs. Elies ont quitte la Grece et Eltalie pour la France. Dans l’avenir on ne les appellera plus Pierides ou Aonides, mais Ronsardiennes \ »

En 1612, dans ses Ragguagli di Parnaso, Trajano Boccalini suppose que Dante, qui habite maintenant sur le Parnasse, est victime d’un brutal attentat : des envieux l’assaillent et le maltraitent, sous pretexte de lui faire dire le vrai titre de son divin poeme. Ronsard intervient et le delivre =. Pourquoi Ronsard plutot qu’un autre? A cause du caractere chevaleresque et de la

Ronsardo Equestris generis viro plurimum debet Gallia transalpina, quod tot Imperatorum et Regum suorum triumphis Appolinarem gloriam addiderit. Is ehnim Romana Grecaque literatura fceliciter excultus usque adeo eleganter Gallicam linguam ad Poesin informavit, ut magno ore magtios Poetas Homerum, Pindarum, Lycophronem, rEschylurn, Aristophanem et Horatium Gallicana veluti donatos civitate decantaret ». Sur la personne de ce Gaddi voir plus loin, p. 106, n. 2.

1 Voir le poeme que Sperone Speroni deja tres vieux adressa < au Seigneur Pierre de Ronsarde » (sic). Speroni, Opcre, Venezia, 1740, t. IV, pp. 356 suiv, Noter, en outre, avec quelle modestie un homme jouissant du grand credit de Speroni parle a Ronsard. II veut done c-elebrer le poete franqais :

Ma di esser degno a cio, non e che io speri Mel mio proprio valor. Voi siete tale,

Che come altri, che voi, non sa far l'opre Che vostre son ; cosi null’altro ancora,

For che sol voi non puo scrivere il bene,

Che di lor si de’dire. Io per avverso Son da me quasi nulla, o almen si poco Rispetto a’pregi vostri alti ed immensi...

5 Ragguaglio 98 de la premiere centurie. Voir dans l’edition de Rua Bari, Laterza, 1910, voi. 1 pp. 361- 363. Le passage est reproduit par G. Papini, pp. 129-122, de La Lcggenda di Dante, motti, facesie e lradusioni dci sccoli XIV-XIX. Lanciano, ioti.

« furia » que la tradition italienne reconnait aux Frangais?1 2 Peut-etre. Mais en raison aussi du genie que Boccalini attribue a celui qu'il nomme « le grand Ronsard, le prince des poetes frangais » et qu’il fait vivre tout voisin de Dante, sur les cimes du Parnasse.

De son cote, Tassoni raconte, entre autres anecdotes, 1 histoire d’un Italien pretentieux, son contemporain, qui, voulant se donner pour pofyglotte, avait appris par coeur et repetait en toute occasion un certain nombre de passages en langues grecque, arabe, hebraique, latine, frangaise, espagnole. II les tirait evidemment d’auteurs dont les noms devaient eux aussi contribuer a rehausser encore le prestige qu’il recherchait. Or il croyait Ronsard digne de representer la France dans son espece d’anthologie. II le mettait en bonne coiupagnie, a cote d’Aristote, d’Averroes, d’Esdras le docteur, de saint Thomas, de Garcilaso, sans accompagner, semble-t-il, leurs divers textes d’aucun commentaire \

Castelvetro allait plus loin et montrait plus de precision, quand,, le premier en date parmi tous les Italiens, il ecrivait des paroles louangeuses pour Ronsard.

Si Pon veut bien penetrer son opinion sur le poete frangais, il ne faut pas se borner a connaitre les faits cites plus haut, en notre chapitre premier et a retenir le passage oil Castelvetro declare que, voulant, Pun et l’autre, « deifier », dans leurs vers,

1 Cette hypothese vraisemblable est celle de F. Neri, p. 196, n. 1, de II Chiabrera e la Plciade franccse.

2 A. Tassoni, Died libri di pensieri diversi, libro X, p. 601. In Venetia, 1627. Tassoni ne dit pas expressement que ce pretentieux Giovanni .Andrea fut italien, mais le fait que ce faux polyglotte ne comprend aucun morceau italien parmi ceux qu’il recite, indique, nous semble-t-il, qu'il n’a pas besoin de prouver qu’il commit l’ital cn.

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