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CHAPITRE IV

L’Influence de Ronsard sur les canzoni HEROIQUES

ET LES EPITAPHES DE ChIABRERA

Parmi les oeuvres graves de Ronsard poefe lyrique, un assez grand nombre chantent des victoires militeires, diplomatiques, litteraires ; d’autres, non plus epiniciennes, mais encomiastiques, celebrent un personnage et greffent sur son eloge celul des membres principaux de sa famille.

De merne pour Chiabrera, avec des differences toutefois : il compose, en general, des canzoni et non des odes ou des hymnes ; il semble indifferent aux luttes litteraires ; il se laisse trois fois inspirer par le jeu de paume 1 2, alors que l’idee n’est jamais venue a Ronsard d’exalter les vainqueurs de nos tournois, ou les risques pourtant ne manquaient pas.

Ce que voulait Chiabrera en ecrivant ces canzoni graves, dont il publia un premier recueil en i586 \ i! nous le dit lui-meme. Il

1 Per lo giuoco del Pallone ordinato in Firenze dal Gran Duca Cosmo secondo l’anno 1618, Per li.giuocatori del Pallone in Firenze, 1’estate dell’anno 1619, Per Cintio Venanzio da Cagli Vincitore ne’ giuochi del Pallone celebrati in Firenze Testate dell’ anno 1619.

2 Dclle Canzoni del Signor Gabriele Chiabrera Libro I Al. Sig. Ambrosio Salinero. In Genova, Appresso Girolamo Bartoli, 1586, in-40. Un second Iivre de Canzoni parut en 1587, un troisieme en 1588, toujours ehez le rnerne editeur. Voir 0. Varaldo, Biblicgrafia dclle oPcre a stampa di Gabriele Chiabrera, dans le Giornale ligustico, anno XIII. Genova, 1886.

revait d’etre le poete qui garantirait les plus glorieux de ses compatriotes contre les injures du temps: tel Pindare avait jadis sauve de l’oubli tant de Grecs inferieurs, sans conteste, aux heros italiens \ Cette pretention, Chiabrera ne se borne pas a la concevoir et a Faffirmer sous des formes diverses. II se vante sans retenue de la justifier pleinement. Citons, a titre d’exemple, les strophes suivantes ou s’etale sa croj-ance en la toute puissance de la poesie et, en particulier, de ses propres vers. S’adressant au due Charles Emmanuel de Savoie, defensenr de la Provence, il dit:

Se d'ltalia ogni antro oscuro Per ornar tuoi regi affanni,

Stanchera piu d'una incude,

Dali’ obblio non sei sicuro,

Perocche di vincer gli anni Vil martel non ha virtude.

Ma la falce empia mortale,

Che immortal valor disdegna,

Sa schernir mio nobil verso ;

Che se al pie gli metto l’ale,

Come Clio dolce m’ insegna,

Vola ognor per 1’Universo \

Comment vint a Chiabrera la pensee de recommander ainsi a la posterite la memoire d’une elite italienne?

En lisant Pindare, nous dit-il1 2 3. Mais au nom du fameux

1 Voir le texte cite dans la note de la p. 165.

2 Rime di G. Chiabrera, In Roma, 1718, parte prima. Lc canzoni eroiche, VI.

a Voir lc debut du texte cite dans la note suivante. E11 outre, Chiabrera ecrit dans son Autobiografia: « Diedesi f Chiabrera] a leggere libri di Poesia per solazzo... Parve a lui di comprendere che gli scrittori Greci ineglio l’avessero trattata, e di piu si abbandono tutto su loro; e di Pindaro si maraviglio, e prese ardimento di comporre alcuna cosa a sua somiglianza ».

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