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CONTENU MORAL ET MOUVEMENTS LYRIQUES

Tantot le poete etofte sa pensee, qui se developpe en une strophe entiere :

Odo dir quaggiuso in terra Vil fra gli uomini e l’erede,

Che del padre inghiotte gli ori :

Se vestendo usbergo in gtierra,

Ei con opra non succede A1 retaggio degli onori 1.

Avant Chiabrera, Ronsard lui aussi avait pris plaisir a parsemer ses odes graves de sentences morales tres voisines de celles du poete italien par leur sens, leur portee, et aussi leur forme, car les unes sont breves, tandis que d’autres prennent une assez large ampleur 2.

Les mouvements lyriques. — Parfois Chiabrera commence par une maxime ou une verite generate :

Non e vilta cio, che dipinge in carte Fama alata, cerviera...

Certo e, che a sua gran nena

L’uom naufragante, peregrin del Mondo,

Spesso gira sua vita a vela piena La’ ve sirte d’error l’onda inarena,

E spesso ove e di guai maggior profondo Gitta l'ancora al fondo 3.

Parfois c’est a une comparaison que Chiabrera ieserve le vestibule de son poeme \

1 Per Carlo Emmanuello, conquistator di Saluzzo.

2 Laumonier, Ronsard, poete lyrique, pp. 306 et suiv.

3 Per Emmanuel Filiberto, Per Niccola Orsino.

* Per Carlo di Savoja, duca di Nemorso, Quando nacque a Cosmo II il pirimo maschio.

De tels debuts, dont les pendants existent nombreux dans les odes de Ronsard ne manquent pas d’efficacite pour interesser le lecteur et piquer sa curiosite. Mais, en general, Ronsard et Chiabrera en preferent d’autres plus vifs.

Tantot ils se mettent en scene eux-memes :

Aujourd’hui je me vanteray Que jamais je ne chanteray Un homme plus aime que toy. . .

Questa, che tra le man nuova mi suona,

Diellami il biondo Arciero... 1 Se a me scendono mai l’amiche muse . . .

Tantot ils interpellent le personnage qtt’ils entreprennent de celebrer ou un tiers, une ville par exemple, un fleuve, un pays :

Certo ben so, che ti lusinga il core,

Nobile Donna, il canto. . .

Viva perla de’ fiumi,

Dora, che righi umil la nobil Reggia. . .

Mantua, che lieta di bei laghi in seno,

Siedi Reina delle Ninfe Ocnee. . .

ViCrge dont la vertu redore Cest heureux siecle qui t’adore...

O France, mere fertile D’un peuple a la guerre utile,

Terre pleine de grand heur...2

Ailleurs ils invoquent des leur premier vers, la lyre, Apollon ou les muses :

1 Ronsard, CEuvrcs, t. II, p. 148, — Chiabrera, Per Francesco Maria della Rovere, Per Alessandro Farnese.

2 Alla Signora D. Flavia Orsina, Per Emmanuel Filiberto, — Ronsard, (Euvres , t. II, pp. 375, 114.

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