LES COMPARAISONS
Francesco Sforza ressemble a « tuono che da nembo discende ». De son cote, le jour de sa fameuse victoire, le seigneur de Jarnac, s’il faut en croire Ronsard,
Esclairoit comme une foudre Qui diet pour ruer en poudre Le haut sourci d’un rocher1.
L’apparition de Giovanni Medici a les memes effets que celle de « l’alma luna » dans la « Cimmera notte » . Le merite de « Madame Marguerite » « luit comme une planete sous la nuit claire-brunete ». La vertu resplendit comme « la lune par la nuit » \
Le roi de France Charles VIII tombant sur l’ltalie avec son armee est un « spumante torrente che mette in fuga aspro fremente »
Gli abitator silvestri E depredando intorno Va con orribil corno.
Le due d’Alengon abattra tout ce qui lui resistera
Comme on voit l’orgueil d’un torrent Bouillonnant d’une trace neuve Parmjr les plaines en courant Renverser tout cela qu’il treuve 3.
L’aimable jeunesse apparait a Chiabrera
Qual fiorito arboscello,
Cui tra l’aure odorate Corre lattando ognor fresco ruscello
1 Ronsard, CEuvres, t. II, p. 115.
5 Ronsard, CEuvres, t. II, pp. 100, 102, — Chiabrera, Cansoni eroiche,
5 Per Francesco Gonzaga, Cans. XX, — Ronsard, CEuvres, t. II, p. 261.
Ronsard predit qu’un fils de Catherine de Medicis grandira entre les princes' de l’Europe
Comme un pin plante sur les eaux Bien nourry de l’humeur prochaine \
Chiabrera compare ses guerriers an « her Leone », au « leon sanguigno », au « leon, che in questi armenti, e in quelli Gocciar fa i denti, le dure unghie, e i velli », « scuote le giube altere Ed empie di terror, spumoso i denti Le cacciatrici schiere ». Franqois de Bourbon nous apparait chez Ronsard
Comme un affame lion Qui de sang la gorge a cuite,
Tout seul donte un million De cerfs legers a la fuite
Epithetes. — Elies sont, en general, assez daires, les epithetes composees que les deux poetes ont introduites qa et la dans leurs |oeuvres lyriques, a la maniere des Grecs. Tout lecteur comprend Ronsard et Chiabrera qtiahd ils parlcnt, 1’un, d’Apollon tire-loin, de Bacchus cuissc-nc, 1'autre de feu atro sonante, de torrent aspro fremente, ou bien du carro ondisonante d’Amphitrite \
Plusieurs fois Ronsard et Chiabrera, au lieu de rendre les doubles mots grecs (onAat Xe£sic) par un compose franqais ou italien, se bornent a une traduction analytique. Ronsard dit, par
1 Cans. XXIV, Per D. Virginio Orsino, — Ronsard, CEuvres, t. II, P- 259-
s Per Giov. Medici, A Francesco Gonzaga, Per D. Virginio Orsino, Per Marc Antonio Colonna, — Ronsard, CEuvres, t. II, p. 105.
3 Per Al. Farnese, Per Francesco Gonzaga, Per Giov. de’ Medici (Quanto Anfitrite).