II commence ainsi son dithyrambe
Dell’ Jndico Orient e D out at or glorioso il Dio del vino Fermato avea l'allegro suo soggiorno A i colli Etruschi intorno.
Il nous rappelle que Ronsard lui aussi designe Bacchus par les mots « le donteur des Indes » \
2. — Se moquant des buveurs de cervoise, boisson qu’on ne saurait, dit-il, comparer au vin, Redi ecrit:
Chi la squallida Cervogia Alle labhra stie congiugne Presto tnuore. . .
D’autres avaient parle des effets de la cei* *voise. Redi connait ces auteurs et les cite. Mais aucun n’avait prononce le mot de
1 Dont une fois a propos du mot « mignon » et une autre, dans le litre d’un ouvrage d’Etienne Pasquier.
* Redi, Opere, t. I, p. 35, Ronsard, CEuvres, t. VI, p. 8r.
LES EMPRUNTS DE REDI A RONSARD
mort, ni donne a sa pensee la forme sentencieuse et humoristique du poete italien. Aucun, sauf Ronsard, dont Redi rapporte les trois vers suivants:
L’homme sot, qui lave sa pance D’autre breuvage que du vin,
Mourra d’une mauvaise fin 1 2
3. — Un ami de Redi, Lorenzo Magalotti, passait 1’ete sur les hauteurs de Montisone, mot ou Redi pretend trouver un Equivalent de Monte Esone. II attribue, en effet, une illustration tout imaginaire a ces lieux : cest 1’antique Eson, le pere de Jason, qui les aurait ainsi nommes :
. . . Onde l’antico Esone Die nome e fama al solitario monte.
Mais il ne suffit pas a Redi que ces mots soient tires textuellement de Jacopo Soldani (1579-1641). Ce satirique italien ne lui parait pas une caution dont il devra se contenter. II se souvient, a propos, qu’une colline du Vendomois, la Denysiere, s’appelle ainsi en souvenir de Bacchus (Dionysos, Denys) : jadis, un magnifique vignoble y surgit sous les pas du dieu, un jour qu’il traversait le pays. Du moins Ronsard l’affirme-t-il plaisamment. Redi s’autorise de ce temoignage comme d’un exemple a imiter a.