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Vers le milieu du dithyrambe, Bacchus eprouve

Novel desio di bere,

Che tanto piu s’accresce Quanto piu vin si mesce.

1 Ronsard, CEuvres, t. IV, p. 360. — G. Imbert, op. cit., p. 90, observe que, dans le Chant dc folie d Bacchus ( CEuvres , t. VI, p. 143), Ronsard

invite Bacchus a laisser l'Orient pour la France. Mais le passage que nous citons nous semble encore plus propre a avoir suggere a Redi son point de depart.

3 Redi, Opere, t. I, p. 21, — Ronsard, CEuvres, t. IV, p. 363.

LES EMPRUNTS DE REDI A RONSARD

Dans YElegie du Verre Ronsard avait ecrit:

Quiconques a bcu Un coup dans toi, tout le temps de sa vie Plus y re-boit, plus a de boire envie.

Redi avait meme cite ces vers dans son commentaire sur le « bagno d'un bicchiere » \

12. — Quand le Bacchus de Redi, apres avoir goute tant de vins genereux, sent enfin les effets de l’ivresse, il repete deux OU trois fois les memes mots avant de pouvoir conduire plus avant la phrase commencee :

E se a te,

E se a te Brindisi io fo,

Perche a me Perche a me

Perche a me faccia il buon pro II buon pro,

Ariannuccia leggiadribelluccia,

Cantami un po’

Cantami un po’

Cantami un poco, c ricantami tu Sulla Vio

Sulla Viola la cuccurucu

La cuccurucu

Sulla Viola la cuccurucu.

Deja Ronsard avait termine par la strophe suivante une Gayet6 que Redi cite deux fois:

O pere, o Bacchus ! . . . .

Ce n’est pas moy, las ! ce n’est pas Qui desdaigne suivre tes pas,

Et couvert de lierre, brere

Par la Thrace Evan, pourveu, pere,

Redi, Opere, t. I, p. iS, — Ronsard, CEuvrcs, t. Ill, p. 318.

Las ! pourveu, pere, las, pourveu Que ta flame esteigne le feu Qu’Amour, de ses rouges tenailles Me tournasse par les entrailles 1.

13. — A la fin du poeme de Redi, Bacchus consacre une longue tirade a expliquer comment doit etre le vase ou il boira le plus volontiers. Fi des petits verres bien faqonnes ! Qu’on les reserve aux malades ! Que les enfants s’en amusent ! Ce qu’il faut au dieu, c’est un receptacle immense, demesure. De fougere? D’ivoire? D’or? C’est la un detail insignifiant: seule la capacite importe.

Ronsard avait exprime des voeux assez differents. II voulait un verre « job, poli, net, beau, luisant ». II le souhaitait de proportions modestes, quitte a le remplir souvent. II l’avait, en effet, interpelle en ces termes :

. . . contemplons de combien tu surpasses,

Verre gentil, ces monstrueuses tasses,

Et fust-ce celle horrible masse d’or Que le vieillard Gerinean Nestor Boivoit d’un trait, et que nul de la bande N’eust sceu lever, tant sa panse estoit grande2.

Mais on peut s’inspirer d’un auteur, meme en avangant des idees tout juste contraires aux siennes. Redi connaissait fort bien YElegie du Verre, dont nous venons de citer un passage. Deux fois, il a lui-meme signale ses emprunts a cette piece. Notre hypothese ne se heurte done a aucune invraisemblance, si nous supposons que la aussi notre poete a pris l’idee de decrire l’objet que le dieu portera sans treve a sa bouche, pour tenter d’apaiser une soif inextinguible.

1 Redi, Opere, t. I, p. 28,. — Ronsard, CEuvres, t. II, p. 39. Cf. F. Neri, 11 Chiabrcra, p. 135.

2 Ronsard, CEuvres, t. Ill, p. 317.

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